‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 32 sur 489 · HAMLET, GERTRUDE, OPHÉLIE · texte numérisé non relu

HAMLET, GERTRUDE, OPHÉLIE

OPHÉLIE , à Gertrude, qui entre.

Ah ! madame , parlez , et secondez mes larmes : Mes eiforts contre Hamlet sont d'impuissantes armes. Arrachez son secret : peut-être qu'en ce jour La nature sur lui pourra plus que l'amour.

GERTRUDE

Vous verrai-je toujours, le front morne et sévère, Fixer, mon cher Hamlet , vos regards sur la terre ? De sinistres objets uniquement frappé.

Toujours d'un vain effroi serez-vous occupé? Ignorez-vous , mon fils , avec tant de courage ;,

Que vers des jours nouveaux nos jours sont un passsge ,

Que tout homme ici-bas n'est né que pour mourir?

Madame, je le sais.

GERTRUDE

Eh ! pourquoi donc souffrir Qu'à des ennuis secrets votre force succombe? Vous tairez-vous , mon fils , sur le bord de la tombe ? Votre cœur avec moi craint-il de s'épancher ?

HAIVILET.

Plus mes malheurs sont grands , plus je dois les cacher.

GERTRUDE

Auriez-vous ou commis ou conçu quelque crime?

Ce bras n'est point souillé -, mes vœux sont légitimes.

GERTRUDE

D'où vous vient donc , mon fils , cet air sombre , abattu ?

Cette triste langueur sied mal à la vertu.

De vous sur ces dehors que voulez-vous qu'on pense?

Mais si mon cœur est pur, que me fait l'apparence ?

GERTRUDE

Eh I quel est donc , mou fils , ce secret important ? Mon trouble, ma terreur augmente à chaque instant. Au nom de ma tendresse , au nom de ta naissance , Par ces soins maternels que j'eus de ton enfance , Apprends-moi... Tu pâlis , tout tes sens sont glacés ^ Tes cheveux sur ton front d'horreur sont hérissés. Qui te rend tout à coup immobile , insensible ? Tes yeux semblent fixés sur quelque objet terrible.

HAMLET ', voyant Vomhre de son père.

C'est sur lui.... le voilà ; ne le voyez-vous pas ? Parle , que me veux-tu?

Page 1