ACTE III, SCÈNE XX. ^n
11 eût été prudent , juste, intrépide, humain ; L'état n'eût point gémi sous son sceptre d'airain. Dieu d'un si cher trésor a privé l'Angleterre , Et, pour le rendre au ciel , il l'enlève à la terre. J'adore ses desseins ; qu'il soit bénil Mais, toi , Le moment est marqué , tyran , pâlis d'effroi. Tu voudras jusqu'au bout te livrer à ta rage, Et régner, comme un tigre, au milieu du carnage; Mais Dieu t'a réservé le plus afi&reux trépas , Et tes soins prévoyants ne t'en sauveront pas. Je vois, je vois déjà de ta bouche perfide S'approcher le breuvage et la coupe homicide. J'entends déjà tes cris. Tu sentiras soudain Tous les maux des enfers rassemblés dans ton sein , Tous ces poisons vengeurs, d'accord pour te détruire. Et le feu qui dévore, et le fer qui déchire. Dans ton sein entr'ouvert , de tes mains arraché , Par ces poisons brûlants ton cœur sera séché -, Il paraîtra, ce cœur, sous l'œil de tes victimes, Que partout sous ces murs entassèrent tes crimes. Tous ces mânes sanglants , sortis de leurs tombeaux , Viendront, près de ton lit, contempler tes lambeaux ^ Et dans ce même instant où ton effroi commence, L'Eternel sur tes pas a placé sa vengeance.
FIN DU TROISIEME ET DERNIER ACTE
OTHELLO