‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 338 sur 489 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

OTHELLO, HÉDELMONE.

HÉDELMONE.

Dis , penses-tu qu'un jour mon père nous pardonne ? ïl nous aima tous deux.

Je l'espère , Hédelmone , Oui , j'ose m'en flatter-, mais calme la terreur Que vient de t'inspirer l'excès de sa fureur. Il verra tôt ou tard avec quelque indulgence Cet excusable amour dont son orgueil s'oflfeuse. Mais rendons grâce au ciel. Quel bonheur, entre nous, Que , se trompant d'abord , il m'ait cru ton époux ! S'il eût su que ta main ne m'était pas donnée, Loin de moi dans l'instant il t'aurait entraînée. Hélas ! avec transport je courais à l'autel Te jurer, sans témoins, un amour éternel; Mon bonheur s'achevait. Mais Venise en alarmes , Mais la voix de l'honneur m'a fait courir aux armes. Il est temps par son charme et par ses nœuds secrets Que l'hymen le plus prompt nous enchaîne à jamais. Tu crois à mes serments ?

hédelmonï:.

Moi î que je les soupçonne I Vas : au cœur d'Othello tout mon cœur s'abandonne. Mais tu crois bien aussi que, fidèle à ma foi. Jamais mon tendre amour ne s'éteindra pour toi? Tu ne te souviens plus de ce qu'a dit mon père?

OTHELLO

Qui, moi, m'en souvenir! va, si l'ombre légère Du plus faible soupçon altérait ton bonheur,

Page 1