II
1,4 OTHELLO
HÉDELMOXE.
Hélas ! ignore-t-il que mon cœur l'a donnée î
ODALBERT.
Peux-tu, sans mon aveu , disposer de ta foi ?
Ton sort , ta main , ton cœur, ton sang , tout est à moi.
IIÉDELMONE.
Kh ! que reste-t-il donc , seigneur, à la nature!
ODALBERT , en mettant la main sur son cœur. C'est là qu'elle avait mis ta garde la plus sûre. Elle apprend aux enfants à n'oublier jamais Que nos soins vigilants sont ses plus grands bienfaits.
HÉDELMONE.
Que faut-il ?
ODALBERT.
M'obéir.
HÉDELMO-VE.
Tout mon cœur se soulève.
Othello... Non , jamais...
ODALBERT.
Choisis.
HÉDELMONE.
Mon père!...
ODALBERT.
Achève.
Je vous dois tout mon sang , il coulerait pour vous j Mais Othello m'adore, et j'y vois mon époux.
ODALBERT.
Je deviens libre. Allons, je n'ai plus de famille; C'est en vain que j'ai cru retrouver une fille. Je rougis ; je renonce à mon indigne erreur.
Il rend à Hédeîmone le hillct qu'il lui a fait signer : elle le reprend.
Tiens, reprends ton billet \ je reprends ma fureur. Chéris , chéris long-temps cet ingrat que j'abhorre.