‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 379 sur 489 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

HÉDELMONE , seule.

Je sens sous le sommeil s'affaisser ma paupière ,

Et mon œil cherche en vain le palais de mon père.

Me yoilà seule, ô Dieu ! D'où me vient cet effroi ?

Le charme de l'amour n'est-il plus avec moi ?

De noirs pressentiments mon âme est pénétrée.

Dans cette triste chambre à peine suis-je entrée ,

Qu'un soudain tremblement a paru m'avertir. . .

-Si j'étais condamnée à n'en jamais sortir !

D'où vient donc que le sort s'attache à me poursuivre?

Me faudra-t-il si jeune, hélas ! cesser de vivre?

Avec un frémissement subit et involontaire.

Qui vient ici ?

i56 OTHELLO.

scÉrsE II.

HÉDELMONE, HERMANCE.

HERMANCE

C'est moi. D'où vien^ cette terreur?

Craignez-vous d'Othello quelque injuste fureur?

HÉDELMOiXE.

Non , je ne le crains pas: je l'aime.

HERMANCE

Son langage , Son air vous semble-t-il annoncer quelque orage?

HÉDELMONE.

Hélas ! il m'a parlé de calme , de repos,

D'un long sommeil de paix qui finit tous nos maux

J'ai peine à m'expliquer ce qu'il m'a voulu dire.

HERMANCE

Mais dans ses yeux du moins les vôtres pouvaient lire.

HÉDELMONE.

Ses regards un moment se sont fixés sur moi , Et son sourire affreux m'a fait frémir d'effroi.

Qui peut donc altérer ainsi son caractère?

HÉDELMONE , avec Une 'profonde mélancolie. Voici bientôt le jour où j'ai perdu ma mère.

HERMANCE

Pourquoi chercher vous-même à croître vos ennuis?

HÉDELMONE.

Sa chambre ressemblait à la chambre où je suis.

HERMANCE

Se peut-il !..

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