‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 381 sur 489 · II · texte numérisé non relu

II

i38 OTHELLO.

Puisse jamais, Hermance, attenter à ma vie?

HERMA.NCE.

Madame, je ne sais, mais je tremble pour vous.

Il n'est pas né crueL

HERMAXCE.

Non^ mais il est jaloux.

Peut-être vous marchez au bord d'un précipice.

HERMAXCE.

Non , je ne croirai pas qu'Othello me haïsse.

HÉDELMONE.

L'erreur de nos soupçons est souvent sans retour.

HÉDELMONE.

On ne peut donc jamais se fier à l'amour !

HERMANCE

Il produit quelquefois le malheur ou le crime. .

HÉDELIVTOXE.

La jeune Isaure, hélas! a péri sa victime.

La malheureuse Isaure...! hélas! pour son tourment ,

L'aveugle jalousie égara son amant.

Au pied d'un saule assise, et douce et sans murmure ,

Elle contait aux vents sa peine et son injure ;

Et dans un chaut plaintif, conforme à ses douleurs ,

Elle unissait souvent et sa voix et ses pleurs.

Et moi, j'aime à chanter ces vers plaintifs d'Isaure.

Après un silence.

Hélas ! elle mourut en les disant encore.

En lui monlrant une guitare qui est sur un fauteuil. Tu vois cet instrument-, tout dort : si dans ces lieux J'unissais à ma voix ses sons mystérieux ?

HERMANCE

Il émeut trop votre âme.

HÉDELMO>ÎE.

Il est fait pour me plaire.

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