ACTE V, SCENE III
Elle se met à genoux auprès de son lit. Toi qui vois les humains avec les yeux d'un père , Daigne apaiser le mien -, qu'entre ses bras tremblants Je puisse avec respect toucher ses cheveux blancs ! Eclaire d'Othello la raison qui s'égare ! Parle-lui par la voix du vertueux Pézare I Pézare est son ami : dans ta tendre pitié, Aux malheureux mortels tu donnas l'amitié. Ah I je vois mon erreur 1 mais ta bonté pardonne. Mon Dieul ne punis pas la trop faible Hédelmone.
Elle se place sur un lit.
Mais je sens du sommeil les charmes tout-puissants Assoupir par degrés mon esprit et mes sens. Son calme , sa fraîcheur se répand dans mes veines ; Il suspend mes frayeurs , mes souvenirs, mes peines. Sommeil , donne à mon cœur ce repos précieux Dont l'aimable douceur vient accabler mes yeux. Elle baisse la tète, et s'endort.