‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 414 sur 489 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

FARHAN , ABUFAR.

FARHAN.

Mon père...

ABUFAR

Moi ! je n'ai point de fils. Je me souviens qu'un jour II. I

194 ABUFAR

J'en crus posséder un bien cher à mon amour. On le nommait Farhan. J'élevai sa jeunesse , J'avais fondé sur lui l'espoir de ma vieillesse ; Mais j'ignore en quels lieux il a porté ses pas.

FARHAN.

S'il était devant vous?

ABUFAR

Je ne l'aperçois pas. Mais le nouvel objet qui frappe ici ma vue M'a saisi tout à coup d'une horreur imprévue. En cherchant dans ton cœur, me dirais-tu pourquoi , Quand j'observe ton front , je frémis malgré moi? N'est-ce pas (ton maintien, ton œil, tout m'en assure) Que l'aspect d'un ingrat fait souffrir la nature? Ton père , réponds-moi , lorsque tu l'as quitté , T'accablait-il du poids de son autorité? Était-il un tyran? fuyais-tu ses caprices, L'excès de sa rigueur, l'exemple de ses vices? Mais s'il sentait pour toi ce vif et tendre amour Que tu devais , ingrat , si mal payer un jour, Comment à ses regards oses-tu reparaître? Non , ce n'est point ici que le ciel t'a fait naître. Va revoir ces climats , ces palais enchantés , Où régnent les tyrans, l'or et les voluptés*, Oùle mépris des mœurs, où d'horribles maximes Ont de leurs traits hideux dépouillé tous les crimes. Que t'ont fait nos déserts? De quel front reviens-tu Y mêler l'air du crime à l'air de la vertu? Ne t'ai-je pas surpris parlant avec mes filles ? Il faut dès ce moment avertir les familles , Leur annoncer... Que dis-je? il n'en est pas besoin , Et je me dois ici charger d'un autre soin. Va -t'en, fuis (pour te voir mon horreur est trop forte) ; Va-t'en chez des méchants, où tu voudras, n'importe.

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