ACTE III, SCENE II
SALÉMA.
Il s'est rempli de pleurs :
Je crains de le presser.
FARHAX.
Ma sœur !
SALÉMA.
Que veux-tu dire?
Ah ! parle.
Ecoute.
FARHAX.
SALEMA.
Eh bien ?
FARHAN.
Je me tais, et j'expire.
SALÉMA.
Ah! quels que soient tes maux , c'est trop être abattu. Du courageux Farhan où donc est la vertu ? Que ta sœur te console. Eh I quels noms sur la terre Sont plus doux que ces noms et de sœur et de frère? Qui nous empêchera , dans nos tendres discours , D'épancher nos douleurs, de nous voir tous les jours? La nuit de tes chagrins deviendra moins profonde. Heureux dans ces déserts , oubliés loin du monde , IVous dirons : Pour s'aimer, le ciel y renferma Saléma pour Farhan , Farhan pour Saléma. Allons, n'attendons pas qu'une langueur obscure Dans nos cœurs accablés ait éteint la nature... FARHAN.
Eh bien ! j'en vais sentir le charme et la douceur. Je cède à Saléma , j'obéis à ma sœur.
C'est ma sœur qui le veut , c'est l'amour qui me guide, L'amour, le tendre amour que j'ai pour Odéide, Poiu: mon père, pour toi , pour Ténaïm. Je sens Que déjà ce bonheur a ravi tous mes sens.
2o8 ABUFAR.
SAXÉMA.
Et moi je goûterai sous les yeux de mon père Ce plaisir si touchant de consoler un frère.
FARHAN.
Je vois mon père! ô ciel! Sortons de ce côté.
A part, avec joie.
Allons , je n'ai rien dit.
sALÉma , à part , avec- joie.
Mon secret m'est resté.
SGEj>^£ III.