‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 422 sur 489 · ACTE III, SCÈNE II. aoS · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II. aoS

Qui confondent entre eux leurs onobres fraternelles.

FARHAN.

Eh bien?

SALÉMA.

C'est à leurs pieds , le jour, le triste jour Où pour d'autres climats tu quittas ce séjour, C'est à leurs pieds, Farhan , qu'immobile , interdite , De mes regards au loin j'accompagnai ta fuite. Au bout de l'horizon mes de'sirs et mes yeux Reculaient, pour te suivre, et la terre et les cieux; Je Tolais sur tes pas aux portes de l'aurore-, Je ne te voyais plus , je regardais encore. Quel fut mon désespoir quand mon œil égaré, N'apercevant plus rien...

FARHAN.

Qu'as -tu fait?

SALEMA.

J'ai pleuré.

FAEHAN.

Est-il vrai, Saléma? tu répandis des larmes?

Des pleurs pour moi versés ont pu ternir tes charmes?

Hélas! qu'en cet instant n'étais-je auprès de toi!

SALÉMA.

Hélas ! qu'en cet instant vous étiez loin de moi !

FARHAN.

Je te vois donc enfin ! Mais que ton front paisible Nous cache un cœur ardent , pur, fidèle , sensible , Capable du plus doux , du plus tendre retour ! Quel bonheur l'attendait s'il eût connu l'amour ! Mais dis : dans nos tribus tes yeux ont pu, sans crime^ Distinguer quelque objet digne de ton estime , Quelque fils de nos chefs...

SALÉMA.

Aucun .

2o6 ABUFAR.

FARHAN.

Quelque étranger...

Soit Mède , soit Persan...

SALÉMA.

Aucun.

FARHAN.

Pour t'engager Sous les lois de l'hymen , si les vœux de mon père M'avaient prescrit...

SALÉMA.

Grand Dieu 1 N'achève pas , mon frère. FARHAN, à part.

Je respire, ô bonheur ! {Haut.) Jamais donc, je le voi , Les flambeaux de l'hymen ne brilleront pour toi?

SALÉMA.

Jamais. Mais vous, Farhan, dans votre longue absence ( Si pourtant j'ose entrer dans cette confidence ) , Vous n'avez pas senti votre cœur arrêté Par un charme plus doux que votre liberté?

FARHAN.

*" J'en atteste ce jour qui pour moi luit encore , Qu'à l'instant sous tes yeux le trépas me dévore Si l'amour ou l'hymen , quels que soient ses attraits , Par le moindre serment peut m'enchaîner jamais ?

SALÉMA.

Mon frère , je vous crois... D'où naissent tes alarmes ? Pourquoi fixer sur moi tes yeux remplis de larmes?

FARHAN.

Ah I Saléma !

SALÉMA.

Farhan I FERHAN, la serrant sur son sein.

Viens dans mes bras , je meurs.

Comme ton cœur gémit I

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