‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 430 sur 489 · ACTE III, SCÈNE VI. îij · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VI. îij

Lorsque accueillant tes feux, lorsque approuvant ta flamme, De l'une de ses sœurs je t'ai promis la foi?

PHARASMIN.

C'est un Persan captif qu'il voit toujours en moi. Arabe du désert , libre et fier de sa race , Aspirer à sa sœur lui paraît une audace. Il pense que sa sœur ne se peut allier Qu'avec l'Arabe seul dans l'univers entier; Né superbe et bouillant...

ABUFAR

Toujours , quand je l'accuse, Ta générosité me présente une excuse.

Cependant je suis père, et je dois le premier Chercher à le défendre , à le justifier ; Mais j'interprète mal cette horrible furie. Je crois...

PHARASMIN.

Que pensez- vous ?

ABUFAR

0 Crime! ô flamme impie I Tout s'explique à mes yeux : voilà, voilà pourquoi Ce monstre si long-temps s'est éloigné de moi. J'ai découvert enfin le secret du perfide. L'exécrable Farhan brûle pour Odéide.

PHARASMIN.

Odéide :

ABUFAR

Oui, lui-même; oui, son infâme ardeur Dans son éclat naissant dévorait la pudeur. Je l'ai vu , je l'ai vu d'une main frémissante Presser entre ses bras une sœur innocente. 11 ne saurait souffrir que , t'assurant sa foi , Je prépare un hymen entre Odéide et toi. Il nourrit, il nourrit cette ardeur criminelle.

21 4 ABUFAR

Ce détestable feu qui l'embrase pour elle.

Je sens frémir mon cœur, se troubler ma raison.

L'inceste...

PHARASMIN.

Eh bien! l'inceste...

ABUFAR

Il est dans ma maison.

Crois-moi , jeune Persan , cherche une autre famille , Un père plus heureux qui te donne sa fille.

PHARASMIN.

Je perdrais Odéide , Odéide ! et pourquoi?

ABUFAR

Ma race maintenant n'est plus digne de toi.

PHARASMIN.

Je pourrais vous quitter !

ABUFAR

Telle est mon infortun e!

0 douleur ! ô regret ! ô vieillesse importune I Au lieu d'un fils soumis , et tendre, et vertueux , J'ai donc fait naître un monstre, un vil incestueux ! Et son opprobre , ô ciel ! deviendrait mon partage ! Je m'instruirais si tard à dévorer l'outrage ! Nos antiques tribus verraient dorénavant Abufar avili dans Abufar vivant, Et ces cheveux sans tache aux yeux de ma patrie Se montrer sur ma tête avec ignominie I Malheureux, dont le crime a produit mon affront, Quand tu ne rougis plus , viens voir rougir mon front !

PHARASMIN.

Juste ciel! vous pleurez!

ABUFAR

Où vois-tu donc mes larmes?

Mon courroux contre lui va me donner des armes. Oui, je jure, soleil, par ton sacré flambeau,

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