‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 480 sur 489 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

OEDIPE, AIVTIGONE.

OEDIPE

0 mon unique appui , mon trésor, ma famille !

AXTIGOXE.

Puis-je espérer, mon père, une grâce de vous?

OEDIPE

Parle.

ANTIGONE

De la pitié le sentiment si doux Doit toucher aisément des cœurs tels que les nôtres. II. a5

OEDIPE

Mes malheurs m'ont appris à plaindre ceux des autres.

ANTIGONE

A part.

(Haut.) Mon père. — Ah 1 quel secret vais-jelui révéler? Un jeune homme inconnu demande à vous parler.

OEDIPE

Que vient-il m'annoncer? que prétend-il me dire?

ANTIGONE

Dans cet instant lui-même il doit vous en instruire.

OEDIPE

Quel est cet étranger ? qui l'a conduit vers vous ?

ANTIGONE

Étranger pour tout autre, il ne l'est pas pour nous.

A vous par ses discours il s'est donc fait connaître?

ANTIGONE

Hélas I

OEDIPE

Vous le plaignez! parlez, qui peut-il être?

ANTIGONE

La vie , ou je me trompe , a pour lui peu d'appas.

OEDIPE

Et, si jeune , avec joie il aspire au trépas !

ANTIGONE

Tout annonce dans lui la fierté , la naissance;

Le sort d'un prince errant , déchu de sa puissance;

D'un mortel à la haine , au trouble abandonné ,

Par un destin fatal vers sa perte entraîné ;

Dont le repentir sombre également exprime

La douleur du remords , et le penchant au crime.

Pour une fin terrible il semble réservé.

OEDIPE, à part.

Quel doute en mon esprit s'est soudain élevé?

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