SCÈNE IV
Ainsi donc ,- c'est trop peu de perdre ce que j'aime : Il faut qu'à me trahir je vous porte moi-même: Qu'en faveur d'un rival je déploie à vos yeux D'un hymen qui nous perd l'avantage odieu?:. Ah ! plutôt ma fureur sur ce rival barbare Me vengera bientôt du coup qui nous sépare Avant que dans vos bras...
JLXIETTE.
Seigneur, par ce transport Croyez vous adoucir ou changer notre sort?
Que vous servira-t-il...?
ROMÉO
Vous n'avez pas su dire Ce qu'en de tels moments l'extrême amour inspire. Votre bouche et vos pleurs ont parle faiblement. Que n'aviez- vous alors le cœur de votre amant I A votre place, ô ciel !...
JULIETTE
Et que rallait-il faire ?
Ai-je dû m'o^poser aux volontés d'un père ? Ses droits...
ROMÉO
Ses droits, madamel eh! quoi donc, nos parents Sont-ils nos défenseurs , ou sont-ils nos tyrans ? A quel titre osent-ils , disposant de nous-mèine , S'arroger sur nos cœurs l'autorité suprême? Et qui de nos penchants doit juger mieux que nous? C'est l'orgueil offensé qui produit leur courroux. Ces cruels...
Ah I seigneur , l'excès de votre flamme Sans doute en ce moment vient d'égarer votre âme: Vous suivez la douleur d'un premier mouvement , Erreur trop pardonnable aux transports d'un amant. Pensez-vous qu'il soit libre aux enfants téméraires De s'unir aux autels sans Taveu de leurs pères ? Ah ! de nous rendre heureux ces bienfaiteurs jaloux Mieux que nos passions savent juger pour nous ; Pour nous sur l'avenir le passé les éclaire. On peut feindre l'amour; leur tendresse est sincère -, Et ce pouvoir si grand , restreint par leur bonté, Songeons à tous leurs soins , ils l'ont bien acheté. Mais, quedis-jc?... Seigneur, votre atne impétueuse , Trop prompte à s'enflammer, n'est pas moins vertueuse.