ACTE II, SCENE III. jo
Qui m'appelle en ces lieux? Qui ra'y fait amener?
A Ferdinand.
Qui vois-je ?
FERDINTAND.
Votre duc. Craignez-vous sa présence?
Je n'ai point envers vous usé de violence. Je vous ai , comme ami , mandé dans ce palais Pour prévenir la guerre avec les Capulets.
MONTAI GU
Les Capulets ! ô ciel I
FERDINAND
Quel transport vous agite !
Pourriez-vous seulement distinguer dans ma suite Quel est ce sang fatal contre vous animé?
MONTAIGU, montrant Cœpidet.
C'est lui : voilà l'objet que ma haine a nommé.
CAPULET
A ta haine en effet tu m'as dû reconnaître j
Mais la lyiienne à son tour prend plaisir à paraître ;
Et s'il faut....
FERDINAND, à Capulet.
Capulet, à quoi sert ce courroux?
A Montaigu.
Montaigu , répondez. Hé ! comment viviez- vous ? Au sein des bois caché, ce sort triste et sauvage D'un héros tel que vous était-il le partage ? Vous avez donc quitté mes états sans regrets ?
MONTAIGU
Crois-tu qu'il soit si dur d'habiter les forêts ?
FERDINAND
Mais, né dans la grandeur, dans l'éclat où nous sommes, Quel charme y trouviez-vous ?
MONTAIGU
De n'y plus voir des hommes.
io4 ROMEO ET JULIETTE.
FERDINAND
Leur aspect est-il fait pour ofleoser nos yeux?
MONTAIGU
Tu les aimeras moins en les connaissant mieu-x.
FERDINAND
Ces bois vous exposaient à leur féroce outrage.
MONTAIGU
C'est à la cour des rois qu'il faut craindre leur rage.
FERDINAND
Et vos enfants....
MONTAIGU
Arrête , et romps cet entretien.
FERDINAND
Ont-ils un sur asyle?
MONTAIGU
Ils n'appréhendent rien.
FERDINAND
Leur sort....
MONTAIGU
Je te l'ai dit , laisse là ce mystère.
FERDINAND
Je respecte un secret que vous voulez me taire. Mais puis-je sans douleur , sans être épouvanté , Voir Montaigu languir dans cette adversité? Reprenez votre éclat , votre rang , votre gloire.
MONTAIGU
Je n'en ai plus besoin.
FEBDINAND.
0 ciel ! que dois-je croire ?
D'où vient ce désespoir dans votre esprit troublé?
MONTAIGU
Du malheur.
FERDINAND , rt part.
De quels traits je le vois accablé I