ACTE II, SCÈNE IV. m
Jusqu'où les passions et l'orgueil irrité Peuvent porter leur haine et leur férocité.
ROMÉO
Non , seigneur ; mais je sais ce que peut la nature , Ce qu'est un tendre amour, une ardeur vive et pure. Je sais surtout , je sais qu'en des moments si doux Le plus cher des penchants m'entraîne ici vers vous; Qu'en un combat pour vous, prêt à tout entreprendre, Contre qui que ce fût , je courrais vous défendre. Ah I daignez vous prêter à mes embrassements : Ils sont d'un cœur sans fard les vifs empressements. Je vous jure un respect , un dévoùment sincère. Je serai votre fils , tenez-moi lieu de père. Comme mes propres maux , je ressens vos douleurs. Laissez entre vos bras , laissez couler mes pleurs. Mais pourquoi de votre âme écarter l'espérance ? Du destin mieux que moi vous savez l'inconstance: Peut-être un grand bonheur va vous être rendu. Adoucissez , calmez votre esprit éperdu ; Croyez que... Mais je vois la cohorte odieuse Qui, prête à vous mener dans une tour affreuse...
MONT AIGU, ai4X gardes , en les suivant. Je suis prêt.
Attendez...
MONTAIGU
Ami , va , songe à toi ; Trouve enfin le bonheur : il n'est plus fait pour moi.
Les soldats emmènent Montaigu.