GERTRUDE, ELVIRE
ELVIRE
Dans ce moment , madame , ici Norceste arrive.
GERTRUDE
Norceste ! Ah ! chère Elvire, est-il vrai qu'en ce jour Ce prince vertueux revienne en notre cour ? Quel motif l'a sitôt ramené d'Angleterre ? Que sa présence , Elvire , a droit de m'être chère !
ELVIRE
Au prince votre fils la plus tendre amitié
Même avant son départ l'avait déjà lié.
Jeune et né vertueux , Norceste eut , pour lui plaire ,
Et les rapports de l'âge et ceux du caractère.
Vous ne l'ignorez pas , dans plus d'un entretien
Le cœur de votre fils s'épancha dans le sien.
Norceste n'aura pas perdu sa confiance ;
Et nous espérons tous que , malgré son absence ,
Votre fils, qui l'aimait, voudra bien l'informer
De ce chagrin fatal qui vous doit alarmer.
GERTRUDE
Tu le crois ?
ELVIRE
Et pourquoi craindrais-je le contraire ?
GERTRUDE
Ah ! l'espoir ne meurt pas dans le cœur d'une mère. Mais si mon fils périt sans lui rien découvrir, Sur son cercueil , hélas ! je n'ai plus qu'à mourir.
FIN DU PREMIER ACTE