‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 9 sur 489 · ELVIRE , GERTRUDE · texte numérisé non relu

ELVIRE , GERTRUDE

ELVIRE

Expliquez-vous enfin •, c'est trop vous en défendre. Avez-vous des secrets que je ne puisse apprendre , Madame ?

GERTRUDE

Ah ! laisse-moi.

ELVIRE

Mais songez, dans ce jour.

Que vous devez paraître aux yeux de votre cour , Que ce couronnement dont la pompe s'apprête....

Et de quel œil , dis-moi , verrai-je cette fête? Hélas ! ce triste cœur , de mon fils occupé , D'une pareille horreur ne fut jamais frappé ! A quel trouble mortel mon esprit s'abandonne !

ELVIRE

Ce n'est pas d'aujourd'hui que ce trouble m'étonne.

GERTRUDE

Quoi ! tu l'as remarqué I C omment? explique-toi.

ELVIRE

Puisse-t-il n'avoir pas d'autre témoin que moi !

GERTRUDE

Qu'ai-je fait? qu'ai-je dit? réponds-moi, chère Elvire.

ELVIRE

De ce mystère affreux dois-je, hélas! vous instruire?

GERTRUDE

C'en est trop I Qu'as-tu vu?

ELVIRE

Madame , votre sein N'aurait jamais conçu de coupable dessein ?

GERTRUDE

Ah ! de ce doute horrible il est temps que je sorte : Parle enfin , je le veux.

ELVIRE

Vous frémissez,

GERTRUDE

N'importe.

ELVIRE

C'est vous qui m'y forcez.

GERTRUDE

Je l'ordonne , obéis.

ELVIRE

Par un trépas fatal quand le roi fut surpris , Vous voulûtes , madame , écartant tout le monde , Exhaler sans témoins votre douleur profonde. J'en redoutais pour vous les premiers mouvements. J'osais vous observer dans ces cruels moments. Que vis-je, juste ciel ! de soudaines alarmes , D'effroyables transports se raclaient à vos larmes-; Un grand remords semblait égarer vos esprits ; Vous appeliez la mort avec d'horribles cris. Ai-je pu, disiez-vous , sur un iroi, sur mon maître —

GERTRUDE

J'ai parlé !

ELVIRE

Dans vos sens quel trouble vient de naître? Vous frémissez....

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