FERDINAND, MONTAIGU , CAPULET, ROMÉO
FERDINAND
Paraissez , Montaigu , venez , ne craignez rien : Capulet vous pardonne.
MONTAIGU
0 ciel ! le puis-je croire?
As-tu bien sur toi-même emporté la victoire ? Ton cœur s'est-il dompté ?
CAPULET
J'ai triomphé de moi.
Mais , en te pardonnant , je n'ai rien fait pour toi.
FERDINAND
Ah ! laissez-nous penser qu'en oubliant l'offense, Vous cédez sans effort à la seule clémence.
ROMÉO
An duc. A Montaigu. Tombant aux pieds de Capnlet.
0 mon prince ! 0 mon père ! En des moments si doux Souflrez que comme un fils j'embrasse ses genoux. CAPULET.
Que fais-tu , Roméo ?
MONTAIGU
Sois touché par ses larmes.
CAPULET
Crois-tu donc que la haine ait pour moi tant de charmes î
MONTAIGU
Je le vois, la vengeance a pour toi peu d'appas. Tu ne sais point haïr.
FERDINAND
Vous ne vous trompez pas , J'ai surpris la pitié dans son âme attendrie. Ah ! tous les deux enfin vivez pour la patrie.
MONTAIGU
Je joins mes vœux aux siens.
FERDINAND
Mes amis , faisons mieux :
Qu'un accord si touchant éclate à tous les yeux. Parmi tous ces tombeaux , au sein de ces ténèbres Où dorment vos aïeux sous des marbres funèbres , Devant mon peuple et moi , renouvelez tous deux Le serment d'une paix qui fut jadis entre eux. Jurez sur leurs cercueils et sous ces voûtes sombres , En attestant leurs noms , et leur cendre , et leurs ombres. De tourner désormais contre nos ennemis Le fer que dans vos mains la discorde avait mis; De former entre vous une auguste alliance Où votre haine expire, où l'amitié commence; Et de rendre à l'état le sans et les guerriers