‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 86 sur 489 · FERDINAND, MONTAIGU , CAPULET, ROMÉO · texte numérisé non relu

FERDINAND, MONTAIGU , CAPULET, ROMÉO

FERDINAND

Paraissez , Montaigu , venez , ne craignez rien : Capulet vous pardonne.

MONTAIGU

0 ciel ! le puis-je croire?

As-tu bien sur toi-même emporté la victoire ? Ton cœur s'est-il dompté ?

CAPULET

J'ai triomphé de moi.

Mais , en te pardonnant , je n'ai rien fait pour toi.

FERDINAND

Ah ! laissez-nous penser qu'en oubliant l'offense, Vous cédez sans effort à la seule clémence.

ROMÉO

An duc. A Montaigu. Tombant aux pieds de Capnlet.

0 mon prince ! 0 mon père ! En des moments si doux Souflrez que comme un fils j'embrasse ses genoux. CAPULET.

Que fais-tu , Roméo ?

MONTAIGU

Sois touché par ses larmes.

CAPULET

Crois-tu donc que la haine ait pour moi tant de charmes î

MONTAIGU

Je le vois, la vengeance a pour toi peu d'appas. Tu ne sais point haïr.

FERDINAND

Vous ne vous trompez pas , J'ai surpris la pitié dans son âme attendrie. Ah ! tous les deux enfin vivez pour la patrie.

MONTAIGU

Je joins mes vœux aux siens.

FERDINAND

Mes amis , faisons mieux :

Qu'un accord si touchant éclate à tous les yeux. Parmi tous ces tombeaux , au sein de ces ténèbres Où dorment vos aïeux sous des marbres funèbres , Devant mon peuple et moi , renouvelez tous deux Le serment d'une paix qui fut jadis entre eux. Jurez sur leurs cercueils et sous ces voûtes sombres , En attestant leurs noms , et leur cendre , et leurs ombres. De tourner désormais contre nos ennemis Le fer que dans vos mains la discorde avait mis; De former entre vous une auguste alliance Où votre haine expire, où l'amitié commence; Et de rendre à l'état le sans et les guerriers

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