ACTE IV, SCENE II
Dont Vont privé cent fois vos combats meurtriers. Ainsi femmes , enfants , chacun dans l'Italie Consacrera le jour qui vous réconcilie; Ainsi tous mes sujets , les larmes dans les yeux , Porteront à l'envi vos vertus jusqu'aux cieux. Dès lors plus de complots, de meurtres, de vengeance-, Je tiendrai de vous seuls ma gloire et ma puissance -, Et vous donnant des lois , mes désirs les plus doux Seront de mériter des sujets tels que vous. Vous êtes attendris , vos soupirs vous trahissent.
MONT AIGU
Consens-tu , Capulet , que nos maisons s'unissent?
FERDINAND
Oui , son cœur vous pardonne, et j'en réponds pour lui.
CAPULET
Vois donc ce que pour toi j'aurai fait aujourd'hui. L'état , mon souverain , sur ma cruelle ofiènse Malgré le cri du sang emportent la balance -, Mais, dut encor ce sang se plaindre et s'indigner. C'est à toi maintenant que je veux pardonner. Je vis -, mon fils n'est plus , lorsque le tien respire -, Il demande vengeance , et ma vengeance expire. C'est dans ce même jour, dans ce même palais , Qu'avec ses meurtriers j'aurai conclu la paix. Ma haine, Montaigu , s'éteint avec la tienne -, Dans la main de ton fils j'ose mettre la mienne. Est-ce assez te prouver , par cet effort sur moi , Que tu peux sans péril te livrer à ma foi? Ennemi, sur tes jours j'étais prêt d'entreprendre ; Ami , je donnerais les miens pour te défendre. Tu vois , pour m'acquérir, qu'il t'en a peu coûté. J'oublie en le pleurant le bien qui m'est ôté, Et je paie à ton fils, dans ma douleur funeste. Le sang qu'il m'a ravi par le sang qui me reste.
i3o ROMÉO ET JULIETTE.
ROMKO.
Ah , mon père ! ah, seigneur ! après tant de bienfaits , Comment envers vous deux nous acquitter jamais?