‹ OEuvres (volume 3)Chapitre 29 sur 97 · A MON PETIT LOGIS · texte numérisé non relu

A MON PETIT LOGIS

Petit séjour, commode et sain, Où des arts et du luxe en vain On chercherait quelque merveille; Humble asile où j'ai sous la main Mon La Fontaine et mon Corneille, Où je vis, m'endors, et m'éveille.

Sans aucun soin du lendemain , Sans aucun remords de la veille; Retraite où j'habite avec moi.

Seul, sans désirs et sans emploi.

Libre de crainte et d'espérance; Enfin, après trois jours d'absence, Je viens, j'accours, je t'aperçoi.

O mon lit! ô ma maisonnette!

Chers témoins de ma paix secrète , C'est vous , vous voilà, je vous voi ! Qu'avec plaisir je vous répète :

Il n'est point de petit chez soi !

POÉSIES DIVERSES. ?.Gi

A MON PETIT PARTERllE.

Petit clos où parmi mes fleurs

.le vois un bouquet pour Lisette,

Dont je sens les douces odeurs,

D'où j'entends chanter la fauvette.

Charme mes yeux par tes couleurs !

Déjà me rit la violette.

Beauté simple, et vive, et discrète,

La Vallière lui ressemblait ;

Comme elle , humble et douce elle était ;

Point fière, point ambitieuse,

Sans art , sans bruit , sans faste heureuse ,

C'était pour aimer qu'elle aimait.

Avec ta houpe fastueuse ,

Toi , pavot dangereux , va-t'en ;

Porte ailleurs ta tête orgueilleuse;

Tu me rappelles Montespan.

Et toi, gentille marguerite.

Te voilà ! Montre-moi , petite ,

Tes points d'or, tes larmes d'argent.

O vous ! que mon œil diligent

Dès le matin vient voir éclore,

Lis si pur, si frais, si brillant

Des feux et des pleurs de T Aurore; Et toi , rose , ou fleur de l'amant , Que Vénus, de son teint charmant, De son souffle embaume et colore.

Pour nioi, croissez, vivez encore!

Nous n'avons tous deux qu'un moment.

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