POUR LA SAINTE-ANNE, JOUR DE SA FÊTE
Pour votre fête acceptez cette rose.
Tout est charmant dans cette aimable fleur;
Tout, son parfum, sa forme, sa couleur,
Même son nom. Modeste et demi-close.
C'est dans nos champs pour vous qu'elle est éclose.
Simple en vos {joûts, comme elle, loin du bruit,
Vous vous plairiez à l'ombre d'un bocage.
Le moindre vent, comme elle, vous outrage.
Le moindre choc, comme elle, vous détruit.
Et cependant, presque toujours errante,
D'un Irère illustre accompagnant les pas,
Fatigues, soins, rien ne vous épouvante;
La peine même a pour vous des appas.
Faible roseau, vous résistez sans cesse.
Comme pour lui votre active tendresse
(i) Sœur de M. Thomas, de l'Académie française et de celle de Lyon.
3i2 POÉSIES DIVERSES.
Prévient ses vœux, devine ses désirs!
Depuis trente ans ce sont là vos plaisirs. Ce plaisir pur (vous n'en avez point d'autre) Soutient lufseul votre rorps délicat.
C'est son bonheur qui lait par-tout le vôtre; C'est sa santé qui fait votre climat.
Le ciel est juste. Une amitié si chère, Tant de vertus, méritaient sa faveur; Et ce ciel juste attache au nom du frère Le souvenir et le nom de la sœur.