LA JEUNE IMMORTELLE
Dieux! quels ennuis invincibles M'égarent clans ces forêts!
Plus leurs rochers sont paisibles.
Et moins mon cœur est en paix.
Sous ces ombres redoutables , Mon esprit s'est retracé Tous les amours mémorables Des héros du temps passé.
Serait-ce en ce bois magique, L'œil jaloux , sombre et brûlant .
Qu'après sa belle Angélique Courait l'insensé Roland?
L'ingrate, aux pasteurs plus douce.
Par sa peur plus belle encor, D'amour, sur un lit de mousse, Enivrait le beau Médor.
Mais le bruit d'un cor m'appelle:
Avançons sous ces couverts.
POÉSIES DIVERSES. 33i
Quelle est la jeune immortelle Qui chasse dans ces déserts?
L'arc que tient sa main charmante À l'Amour fut dérobé ; Elle a les pieds d'Atalante, Elle a la fraîcheur d'Hébé.
Que sa grâce est accessible!
Quel doux souris dans ses yeux !
Déesse, un mortel sensible Serait-il si loin i]o9. dieux '
Je viens, je vois, je soupire.
L'encens ne sait qu'honorer :
Pour vous chanter, j'ai ma lyre; Un cœur pour vous adorer !
Paphos de ses doux mystères Couvre les rangs les plus hauts :
Tous les Amours y sont frères, Tous les frères sont égaux.
Le désir, quand il l'implore, Offense-t-il la beauté?
Un jeune amant de l'Aurore Fut par l'Aurore écouté.