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Cette eau s'oppose à son passage; Il veut traverser son courant :
Accru soudain par un orajje, Le ruisseau devient un torrent.
Le torrent l'entraîne; il surnage, Il enfonce, il remonte. Hélas!
Ni son effort , ni son courage Ne peut l'arracher au trépas.
Don Carlos avait une mère :
Elle arrive; elle voit son fils.
Sa douleur dans ses bras le serre :
Tous ses sens sont évanouis.
Son malheur toujours l'épouvante.
Pareil malheur peut advenir :
Pour les autres mères tremblante, Elle songe à le prévenir.
Les yeux en pleurs, elle fait faire Un pont sur le fatal torrent, Pour elle une simple chaumière.
Un tombeau pour son cher enfant.
À chaque femme, à chaque père Elle dit ; « Vous ne craindrez plus.
« Ce pont fut fait par une mère :
" Maintenant je ne le suis plus. »
Sur la triste et rustique tombe.
Sa main s'efforça de graver Le malheur où son cœur succombe. . .
Sa main ne put pas achever.
Elle court, quand le torrent gronde, Sauver son fils de sa fureur; Elle veut se jeter dans l'onde, Mais elle connaît son erreur.
« Ah! comme ce torrent, dit-elle,
« Cher Carlos , tes beaux jours ont fui.
« Voilà ta tombe qui m'appelle :
« Que l'on m'y place auprès de lui. »
Les flots répandent les alarmes.
La nuit, sous la hutte on l'entend
Crier à genoux , tout en larmes :
« O mon Dieu! rends-moi mon enfant ! »
On croit , dans toutes les Espagnes , Au bruit des eaux, au bruit du vent, Entendre l'écho des montagnes Répéter r « Rends-moi mon enfant ! »