‹ OEuvres (volume 3)Chapitre 63 sur 97 · LA MÈRE DEVANT LE LION · texte numérisé non relu

LA MÈRE DEVANT LE LION

ROMANCE

Un lion affreux , dans Florence , Un jour soudain se déchaîna :

Tout prit la fuite à sa présence, Se tut, pâlit et frissonna.

Un petit enfant, plein de charmes.

Se tient sous ses yeux , presque nu ; Il le regarde sans alarmes , Et lui rit d'un air ingénu.

La mère , à cet aspect terrible , De la mort croit sentir les coups, Et devant l'animal horrible Joint les mains, se met à genoux.

« Non , lui dit-elle, par nature, K Bon Lion , tu n'es point méchant.

.< Au nom de Dieu , je t'en conjure, « Ne fais point mal à mon enfont.

34o POÉSIES DIVERSES.

« Lui seul me reste; il tette encore : « À peine, hélas! peut-il marcher.

« Bon Lion, c'est toi ï|u(; j'implore, « Si quoiqu'un osait y toucher. »

Je ne sais point par quel mystère Un tel prodige s'opéra :

Doux à l'enfant, doux à la mère, Le bon Lion se retira.

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