‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 104 sur 253 · ACTE I, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE X

SOPHIE

Ce&i donc pour vous que xgos l'avez fiât Cadre?

LABROSSE

Pour vous-même , Sophie. Heureux, s'il peut vous plaire, D'avoir à vous offrir un petit déjeuner Sans façon... et pas cher!... Rien ne doit vous gêner. Acceptez ; rendez-vous , ma reine , à nfes prières.

SOPHIE

Savez-votts que voilà les plus belles manières ?

( Ils se mettent à prendre le chocpUt. )

J'admire cette aisance et ce ton...

LABROSSE

Ah! vraiment!...

Vous voyez le grand monde ? '

LABROSSE

Il est mon. ëlëment.

SOPHIE

Vous êtes bien heureux. Eh ! mais , je crois entendre. . . Si votre maître allait venir et nous surprendre !...

LABROSSE

Par exemple , soyez tranquille sur ce point ,

Et comptez qu'à présent Monsieur ne viendra point.

Il faut , pour qu'il se lève , un peu plus de mystère ;

Et ces premiers momens veulent mon ministère.

Il y faut des façons ; il y faut des apprêts ;

Et ce sont , entre nous , des secrets* . . très-secrets«

i8o LE VIEUX FAT.

SOPHIE

Je trouve qa^l ressemble à ces yieilles coquettes Qui se font remarquer par leurs folles toilettes.

LABEOSSE.

Aussitôt qu^il s'éveille , il me sonne. J'y vas Quelquefois ; quelquefois aussi je n'y vas pas, Selon qu'il me convient.

SOPHIE

Mais c'est assez commode.

Pourquoi donc se gêner ?... Ce n'est pas ma méthode. Quant à Monsieur , j'en fais assez ce que je veux. Je suis son confident ; il me conte ses feux , Et ses chagrins d'amour, ses désirs et ses craintes, Et ses petits complots , et ses petites plaintes; Car tout cela l'occupe encor comme à vingt ans.

SOPHIE

Le pauvre homme ! II devrait avoir depuis long-tems Oublié tout-à-fait cet amoureux langage ; Car, malgré tous ses soins pour déguiser son âge , Il me semble qu'il est bien vieux.

LABROSSE

Mettez encor Qu'il fîit jeune , et très-jeune , et s'en ressent bien fort.

SOPHIE

J'entends. Je m'en doutais assez aux apparences. Comment recerez-yous ses tendres confidences ?

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