ACTE I, SCÈNE X
SOPHIE
Ce&i donc pour vous que xgos l'avez fiât Cadre?
LABROSSE
Pour vous-même , Sophie. Heureux, s'il peut vous plaire, D'avoir à vous offrir un petit déjeuner Sans façon... et pas cher!... Rien ne doit vous gêner. Acceptez ; rendez-vous , ma reine , à nfes prières.
SOPHIE
Savez-votts que voilà les plus belles manières ?
( Ils se mettent à prendre le chocpUt. )
J'admire cette aisance et ce ton...
LABROSSE
Ah! vraiment!...
Vous voyez le grand monde ? '
LABROSSE
Il est mon. ëlëment.
SOPHIE
Vous êtes bien heureux. Eh ! mais , je crois entendre. . . Si votre maître allait venir et nous surprendre !...
LABROSSE
Par exemple , soyez tranquille sur ce point ,
Et comptez qu'à présent Monsieur ne viendra point.
Il faut , pour qu'il se lève , un peu plus de mystère ;
Et ces premiers momens veulent mon ministère.
Il y faut des façons ; il y faut des apprêts ;
Et ce sont , entre nous , des secrets* . . très-secrets«
i8o LE VIEUX FAT.
SOPHIE
Je trouve qa^l ressemble à ces yieilles coquettes Qui se font remarquer par leurs folles toilettes.
LABEOSSE.
Aussitôt qu^il s'éveille , il me sonne. J'y vas Quelquefois ; quelquefois aussi je n'y vas pas, Selon qu'il me convient.
SOPHIE
Mais c'est assez commode.
Pourquoi donc se gêner ?... Ce n'est pas ma méthode. Quant à Monsieur , j'en fais assez ce que je veux. Je suis son confident ; il me conte ses feux , Et ses chagrins d'amour, ses désirs et ses craintes, Et ses petits complots , et ses petites plaintes; Car tout cela l'occupe encor comme à vingt ans.
SOPHIE
Le pauvre homme ! II devrait avoir depuis long-tems Oublié tout-à-fait cet amoureux langage ; Car, malgré tous ses soins pour déguiser son âge , Il me semble qu'il est bien vieux.
LABROSSE
Mettez encor Qu'il fîit jeune , et très-jeune , et s'en ressent bien fort.
SOPHIE
J'entends. Je m'en doutais assez aux apparences. Comment recerez-yous ses tendres confidences ?