ACTE I, SCÈNE X- i8i
LABaOSSE.
Mais comme je le dois; applaudissant toujours, Toujours encourageant et flattant ses amours.
SOPHIE
Mais comment faites-TOus pour que vos flatteries Ne lui paraissent pas souvent des menteries ? A vos discours trompeurs peut-il ajouter foi ?
LABROSSE
Son amour-propre encor le trompe plus que moi. Voyez-yous P lui complaire et le louer en face , C^est là tout le travail où se réduit ma place; J^en connais les devoirs; aussi je les remplis, Et je m^en trouve bien ; j^en juge à mes profits. Croyez-moi, ma très-belle, et faites-en de même. La vérité déplaît : flattez pour qu'on vous aime.
SOPHIE
Singulier caractère au moins que celui-là.
LABROSSE
Ab! je n'ai pas toujours été comme cela; Tandis qu'on ne sert point , on est ce qu'on veut être ; Mais on est ce qu'on peut , quand on a pris un maître. Monsieur veut quelque cbose ; irai-je contester P Ma foi ! non ; je suis bien , et je yeux y rester.
SOPHIE
Votre condition , en effet , est fort bonne !
IiABROSSE.
Votre condition?... Eb! inais ^ quand je raisonne,
Je trouve , sans avoir trop de présomption ^ ' Que ma place n'est peint une condition.
Je suis près de Monsieur façon de secrétaire , Son complaisant en titre « et flatteur ordinaire^ L'espèce en est commune , et chaque jour f en voi Qui sont, sous de grands noms , du même état que moi*
SOPHIE
Ah ! vous avez raison.
LABROSSE
Il faut que je vous dise Que d'un nouvel amour le cher patron s'avise.
Allons , vous, plaisantez.
LABROSSE
Voulez-vous , en secret , De nos feux d'aujourd'hui savoir quel est l'objet ?
SOPHIE
Oui. C'est?...
LABROSSE
Je gagerais presque mon existence Que Monsieur, à présent, songe à plaire à Constance.
( On entend sonner. )
• SOPHIE
Prenez garde; on vous sonne , et je l'entends fort bien.
LABROSSE
Je l'entends bien aussi ; mais cela ne fait rien.
SOPHIE, selcrant.
Comment! vous n'allez pas ?. . .