ACTE II, SCÈNE III. igS
heetiIle.
J'y veux walser avec Constance.
LABROSSE
Monsieur, dans le salon je saurai me glisser, Et j'aurai, pour vous voir, soin de me bien placer. C'est que , sans vous flatter , je ne connais personne Qui danse comme vous...
MERVILLE
Oui , quand je m'abandonne , J'ai du feu !.^. mais la walse est mon goût favori... J'aime sur-tout cet air. . . Tiens , n'est-il pas joli ?
(Il se met k cbanter un air de -walse d'ane voix un peu cassée, se met aussi k danser en tournant, et finit par un faux pas. Il est près de tomber ; Labrosse le soutient. )
LABROSSE
Vous le chantez fort bien.
MERVILLE
Je cherche à me distraire ; Mais je crains quelque obstacle âmes amours contraire.
LABROSSE
Bon ! lequel ?
MERVILLE
A Rollin , je ne veux pas encor Confier mes projets ; car je crois que d'abord Il faut fair^ approuver mes vœux et ma tendresse  cet aimable objet;...
LABROS$E.
Quelle délicatesse !
MERYILLE.
L'amonr veut du mystère, et fuit Tair solennel; Sans m^appuyer du tout du pouvoir paternel , Je veux plaire, obtenir Constance d^elle-méme.
LABROSSE
Vous n^anrez pas de peine , et déjà Ton vous aime.
Tu me flattes !... Allons.
LABROSSE
Moi ! la sincérité Est mon fort.
MERY^ILLE
C'est très-bien , toujours la vérité , Comme tu me la dis. Tiens , tu peux , sans rien feindre , Me faire voir qu'ici j'ai des rivaux à craindre.
LABROSSE
Vous , Monsieur ! ... des rivaux !
MERYILLE.
Qui sont fort dangereux.
Comment donc ?... j'aurai peine à l'emporter sur eux! Sais-tu qu'ils me font peur P D'abord , mon neveu Charle ; Au ton affectueux dont Rollin nous en parle , Dans le bien qu'il en dit, j'entrevois un dessein; Peut-être de sa fille il lui garde la main.
LABROSSE
Mais Cbarle auprès de vous ne peut songer à plaire ; Je le dis... Vous voyez comme je suis sincère !