ACTE III, SCÈNE X
En ma présence , encor ! . . .
( A Constance , qui sourit. )
Constance , vous riez !
Comment! quand je surprends. un amant à yos pieds!
(AMerriile.)
Mais relève- toi donc...
MERVILLE, faisant un effort.
Eh ! oui , s'il m'est possible.
ROLLIN
Je vois ce qui te tient... Mon cher, je suis sensible Au petit accident qui t^arrive... Entre nous, De quoi t'avises-tu de te mettre à genoux?
Allons. . . je vais t'aider. . .
( Il lui idonne le bras^ et le relève. )
Tu t'y prends bien pour plair^
MERVILLE
Parlons vrai. Quel reproche ici peux-tu me faire? Par où je le devais n'ai-je pas commencé ?
C'est à toi que d'abord je me suis adressé ; J'ai formé ma demande en règle... De Constance Tu peux toi-même ici savoir ce qu'elle pense.
CONSTAI^GE, vivement.
Ah! mon père le sait.
aOLLIN, ^iMerrUIe.
Allons , je vois fort bien Qu'à te parler raison on ne gagnera rien;
MERVILLE
J'ai la raison pour moi. Bon père de famille , II. 16
Tu ne peux pas vouloir sacrifier ta fille ; Elle n^aime point Charle... Elle Feût refusé...
ROLLIN
Et Charle à mes projets n'est pas moins opposé...*
MERVILLE
Se peut-il ?. . .
ROLLIK.
Oui , vraiment ; ton neveu me chagrine; Je le voulais pour gendre... Il aime la cousine , Madame de Sergi.
COI9STA19CE, àRolIin.
Je te Tavais bien dit.
ROLLII9.
C^est là ce que ta mère en ce moment m'écrit. Elle a de leurs amours reçu la confidence.
MERVILLE
Cet obstacle détruit accroît mon espérance.
ROLLIN, )iConiuac«.
Cette lettre , sais-tu qui vient de l'apporter ?
Le courrier devant moi n'osait se présenter ;
Il me l'a fait donner... Ta mère le protège.
Qu'en penses-tu, dis-moi? Comment le recevrai-je?.<.
( Il loi donne la lettre. )
Tu peux lire.
C0I9STANCE, apr^f «voir la.
Ma mère a daigné l'accueillir...
ROLLIK.
De venir me trouver je l'ai fait avertir.