ACTE I, SCÈNE IV. 27S
Certain air de chagrin... D'où viennent ces nuages?
HEÏÏRIETTE.
Monsieur dans ses discours sait peu me ménager.
SA IW VILLE.
Mademoiselle aussi se plait à m^afHiger.
M"* BELVAL
Ah ! vous êtes brouilles!... La moindre bagatelle Souvent chez les amans fait naître une querelle ; Ce n^est pas cet instant que vous deviez choisir; Quand l^ennemi s'avance , il faut se réunir.
SAIKVILLE.
Quel ennemi ?... Comment ?
M"»* BELVAL
Redoutez sa colère.
C'est votre oncle , en un mot , que vous n'attendiez guère .
HEI^niETTE.
Monsieur de Gouvignac ?
V SAIÎîVILLE.
Quoi! mon onc)e est ici ?
M™« BELVAL
Depuis hier matin.
$AI!!7VILLE
Sans m'avoir averti !
M"« BELVAL
Figurez- vous qu'hier , en traversant la rue , J'en ai fait tout-à-coup la rencontre imprévue ; Mous nous sommes tous deux à l'instant reconnus ,
Quoique depuis quiilze ans nous, ne nous fussions vus
Oui 9 de notre amitië la date est ancienne ,
Et me vieillit un peu; mais qu'à cela ne tienne.
Je restai veuve alors ; dans mon affliction
Le major entreprit ma consolation ; *
Il y mettait du zèle!...
SAINVILLE
Il a rhumeur galante!
M">* BELVAL
Si je Pavais voulu, je serais votre tante.
SAINVILLE
Oh ! que je le voudrais !
M«« BELVAL
L'oncle n'est point changé; Toujours Tair jeune et vif, le maintien dégagé, Toujours un ton aimable, un obligeant langage...
SAINVILLE
Qui donc Ta décidé soudain à ce voyage ?
M«« BELVAL
Eh ! manque-t-on de gens empressés , indiscrets ,
Recueillant , répandant tous les bruits faux ou vrais ?
Il a reçu Tavis que', bravant sa défense ,
Vous alliez contracter l'hymen dont il s'offense ;
Et d'un si grand malheur voulant vous préserver ,
Le cher oncle à Bordeaux s'est hâté d'arriver ;
Sans vous en prévenir , et pour mieux vous surprendre ^
C'est en hôtel garni qu'il est allé descendre.
^ Voyez la variante (c) à la En de k pièce.