ACTE I, SCÈNE IV
SAII9VILLE.
Il VOUS a donc conté ? —
M«« BELYÂL.
Ce que je suivais bien« Yous ayez fait long-^tems les frais de Tei^tr^etien^
SAIÏiViLLE.
A ses vieux préjuges vous avez fait la guerre ?
M«« BELYAL.
Non ; j'ai pris le parti d'écouter, de me taire ; * Il ne se gênait pas ; iftoi , je trouvais plaisant Que , ne se doutant pas de mon état présent , De tant de confiance il me donnât la preuve; De son ami Courmon il me croit encor veuve ; A Grenoble autrefois je le voyais souvent ; Il s'y trouvait alors avec son régiment...,
SAINYILLE.
Et vîendra-t-il vous voir ?
M"« BELYAL.
Dès ce matin peut-être.
SAII9YILLE.
Mais, sa visite ici va lui faire connaître
Ce que vous lui cachez , votre état , votre nom.
M"»« BELYAL.
Oh ! j'ai fait à mes gens avec soin leur leçon; Us diront ce qu'il faut.
SAINYILLE.
Ce léger artifice * Voyez la variante (d) à la fia dç la pièco.
Tourrait, si vous vouliez, nous devenir propice.
M"« BELYAL.
Oui ^ j'avais eu dessein d'abord de vous servir ; Aux peines des amans mon cœur doit compatir ; Mais ce .soin à présent vous .est peu nécessaire.
HENRIETTE
Et par quelle raison ?
M™« BELVAL
La raison est bien claire.
Je vous affligerais, si j'allais m'en mêler; Vous étiez tout à l'heure en train de quereller.
SAINVILLE
J'avais tort ; Henriette a sujet de se plaindre.
" HENRIETTE
Non. Je vous ai ûiché; j'aurais dû me contraindre.*
M™« BELVAL
Allons; fort bien. Sur moi vous pouvez donc compter.