ACTE II, SCÈNE IL 3or
M«« BELYAL.
Elle a voulu ce soir Aller passer le tems chez une bonn& amie ; Elle est timide , et craint nombrcruse compagnie.
M. DE GOUVIGNAC.
Vous aviez là des gens qui parlaient de bon sens 9 D'autres remplis d'esprit, et fort divertissans. Ce sont là vos amis ?.., Je vous en félicite.
M™* BELYAL.
Je les vois tous les jours.
M. BE GOUYIGNAC.
Ils ont bien du mérite ; Et leur société me conviendrait très-fort.
M™« BELYAL.
Ils seraient biei^ flattés. . .
M. DE GOUYIGNAC.
J'ai vu cela d'abord :
Des femmes de bon ton , aussi sages que belles !
DARICOUR.
Pour la fidélité ce sont des tourterelles !
M. DE GOUYIGNAC.
Oh! je n'en doute pas. Ce sont des connaisseurs, Que ces messieurs !. . . Vraiment! Ils jugent les auteurs !
DARICOUR.
Ils les saYent par cœur.
M. DE GOUVÏGNAC.
Ils ont de la lecture ,
3o2 LA COMÉDIENNE,
Et m^ont paru versés dans la littérature.
DARICOUR.
Dans celle du théâtre.
Ils en parlaient fort bien.
M™«BELVAL
Je n^aimais pas pour vous ce sujet d'entretien. Il pouvait vous déplaire , en rappelant vos peines.
M. DE GOUVIGNAC.
Il m'a bien quelquefois fait penser aux fredaines De monsieur mon neveu; mais , d'un autre côté j Il me divertissait , et je l'ai fort goûté ; Car , avec de l'esprit , qui n'aime le théâtre? • Savez-vous qu'autrefois j'en étais idolâtre ? Dans ma jeunesse , à Lille , étant en garnison , Je jouais le tragique en certaine maison; Je disais , d'une voix noble et passionnée :
«Vertueuse Zaïre, avant que l'hyménée....»
Et la Zaïre était la dame du logis , Mes premières amours... J'en étais fort épris , Comme on l'est à vingt ans... Elle était très-jolie!
M°^«BELVAL
Ah! vous deviez aimer alors la comédie!
M. DE GOUVIGNAC.
Je l'aime bien encor; j'en conviens avec vous; Cela n'empêche pas... '
M™« BELVAL
Cher major , entre nous ,