‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 173 sur 253 · ACTE II, SCÈNE IL 3or · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IL 3or

M«« BELYAL.

Elle a voulu ce soir Aller passer le tems chez une bonn& amie ; Elle est timide , et craint nombrcruse compagnie.

M. DE GOUVIGNAC.

Vous aviez là des gens qui parlaient de bon sens 9 D'autres remplis d'esprit, et fort divertissans. Ce sont là vos amis ?.., Je vous en félicite.

M™* BELYAL.

Je les vois tous les jours.

M. BE GOUYIGNAC.

Ils ont bien du mérite ; Et leur société me conviendrait très-fort.

M™« BELYAL.

Ils seraient biei^ flattés. . .

M. DE GOUYIGNAC.

J'ai vu cela d'abord :

Des femmes de bon ton , aussi sages que belles !

DARICOUR.

Pour la fidélité ce sont des tourterelles !

M. DE GOUYIGNAC.

Oh! je n'en doute pas. Ce sont des connaisseurs, Que ces messieurs !. . . Vraiment! Ils jugent les auteurs !

DARICOUR.

Ils les saYent par cœur.

M. DE GOUVÏGNAC.

Ils ont de la lecture ,

3o2 LA COMÉDIENNE,

Et m^ont paru versés dans la littérature.

DARICOUR.

Dans celle du théâtre.

Ils en parlaient fort bien.

M™«BELVAL

Je n^aimais pas pour vous ce sujet d'entretien. Il pouvait vous déplaire , en rappelant vos peines.

M. DE GOUVIGNAC.

Il m'a bien quelquefois fait penser aux fredaines De monsieur mon neveu; mais , d'un autre côté j Il me divertissait , et je l'ai fort goûté ; Car , avec de l'esprit , qui n'aime le théâtre? • Savez-vous qu'autrefois j'en étais idolâtre ? Dans ma jeunesse , à Lille , étant en garnison , Je jouais le tragique en certaine maison; Je disais , d'une voix noble et passionnée :

«Vertueuse Zaïre, avant que l'hyménée....»

Et la Zaïre était la dame du logis , Mes premières amours... J'en étais fort épris , Comme on l'est à vingt ans... Elle était très-jolie!

M°^«BELVAL

Ah! vous deviez aimer alors la comédie!

M. DE GOUVIGNAC.

Je l'aime bien encor; j'en conviens avec vous; Cela n'empêche pas... '

M™« BELVAL

Cher major , entre nous ,

Page 1