SCÈNE VÏII
M. DE GOUVIGNAC, CLÉOFILE.
CLÉOFILE.
Bonpur, Monsieur. Voyez ; c'est un bonheur pour moi De vous trouver ici.
M. DE GOUVIGNAC.
Gomment cela? Pourquoi?
CLÉOFILE.
Pour madame Belval , je sais qu'elle est sortie. Gomme il est à peu près huit heures et demie , J'aurais dû m'en douter ; mais on m'a dit là-bas Que vous étiez ici.
M. DE GOUVIGNAC.
Je ne vous connais pas.
Que voulez-vous de moi, ma belle demoiselle?
CLEOFILE.
Moi , je vous connais bien. G'est monsieur qui s'appelle Bourdignac . . . Baudignac . . .
M. DE GOUVIGMAC.
!Non;Gouvignac.
CLÉOFILE.
Ah ! oui ; C'est Monsieur; et je viens pour causer avec lui. Vous connaissez mon nom, d'abord : c'est Gléofile.
A la bonne heure. En quoi puis-je vous être utile ?
îiG LA COMÉDIENNE.
CLÉOFILE.
Actrice au grand théâtre, à Bordeaux; et je viens Pour vous faire , Monsieur, juger de mes moyens. Ici, j'étais en chef pour les jeunes princesses, Les ingénuités; il n'est guère de pièces Où je ne sache un r61e; enfin, je tiens l'emploi. De ne me point vanter je me fais une loi ; Mais j'ai tout ce qu'il faut pour réussir de reste; Un organe touchant , la diction , le geste , Une ame !..! trop sensible !... Enfin, sans me flatter. Je sais bien qu'à Bordeaux on va me regretter : J'avais de l'agrément ; j'étais bien accueillie ;. Mais mon talent , Monsieur, m'a fait une ennemie-. Vous la connaissez bien.
M. DE aOUVIGNAC.
Moi?
CliiOFILE.
C'est cette Lisbeth, Cabaleuse, et si sotte !... Une voix de fausset 1..... Enfin , je ne peux plus me trouver avec elle : Vous devez le savoir ; car de notre querelle On a plus de vingt fois parlé très-longuement Au journal de la ville et du département.*
M. DE caUVIGNAC.
Eh ! qu'ai-je af&ire , moi , de tout ce bavardage ?
♦ Voyez la variante ( /*} à la fin de la pièce.