ACTE II, SCÈNE VIII. Sig
Et qui veut bien , Monsieur, être ma protectrice ; Car je suis son élève, et j'ai pris ses leçons; Et, vous trouvant chez elle...
M. DE GOUVIGNAC.
Oh!. parbleu! finissons.
La dame du logis est une femme aimable.
CLÉOFILE. •
Très-aimable!... un talent!...
M. DE GOUVIGNAC.
Et sage, et raisonnable.
Elle n'est point actrice.
CLEOFILE.
Eh! mais, pardonnez-moi.
M. DE GOUVIGNAC
Où prenez-vous cela ?
|CL£OFILE.
Je le sais bien, je croi.
Belval...
M. DE GOUVIGNAC.
Eh ! ce n'est point Belval qu'elle se nomme ; C'est madame Courmon , veuve d'un gentilhomme , D'un très-bon officier...
CLEOFILE.
Eh ! oui , nous y voilà ; Courmon! elle portait autrefois ce nom-là.
Je sais bien qu'elle était veuve d'un militaire ; Mais vous savez aussi ce qu^on fait d'ordinaire , Quand on prend le théâtre : on quitte son vrai nom ,
Et Ton s'en donne un autre alors de sa façon.*
Je m'appelle Angélique, et non pas Cléofile;
Et ma mère , Gambard ; c'est son nom par la ville.
M. DE GOUVIGIïAC.
Parbleu! mademoiselle Angélique Gambard^, Je suis fort redevable au bienheureux hasard l^ui me donne Thonneur de votre connaissance..;
CLEOFILE.
Pour madame Belval , elle a de la naissance , De réducation, Tair du monde, en un mot, Un ton que je copie, et que j'aurai bientôt; Tout le monde le dit.
M. DE GOUVIGNAC.
Elle!... comédienne! .
Madame de Gourmonl... En êtes-vous certaine?.
v^ CLÉOFILE.
Certaine!... on n'en peut pas douter, assurément. Tous les jours elle joue , et même en ce moment.
En ce moment!
CLEOFILE.
Eh! oui, ce soir, dans la Gageure; C'est son triomphe 1 Elle est si parfaite! si pure! Un diamant! Eh! mais, je fais réflexion...
Je crains d'avoir commis une indiscrétion. ' Quoi ! . . . vous ne saviez pas. . . ? Oui , j'aurais dû me taire; Peut-être que Monsieur est son oncle, ou son père.