ACTE III, SCÈNE IL
BARIGOUR, ^SainWlIe.
Dites-lui que tout seul il se mette en chemin ; Et , s'il part aujourd'hui , mariez-vous deinain ; ^ A ces oncles fâcheux il faut apprendre à vivre : C'est mon avis, à moi.
SAINVILLE
Que ne puis-je le suivre!
J'avais voulu d'abord , et vous le savez bien , Former, sans son aveu, ce cher et doux lien; Henriette et sa mère ont résisté sans cesse; Je leur ai mille fois offert une promesse ; La voici bien signée ; et voulez-vous encor Aller la leur offrir?
BARICOUR.
Oh ! non pas ; j'aurais tort , Et j'échouerais. La mère a l'esprit ferme et sage. ^ Ce papier- là ne peut être d'aucun usage.
SAINVILLE
C'est mon oncle d'abord qu'il faut persuader.
BARICOUR.
Soit. Mais comme jamais il ne voudra céder...
SAll^yiLLE.
Vous me désespérez ; ce papier inutile N'est bon qu'à déchirer. . .
( Il Ta pour la déchirer. )
■jUmt s £ £ Y^ L, le lui prenant clei maini. '
Que faites-vous, Sainville?
Voyons. Cette promesse , il faut me la donner.
SAIT«VILL£
Âh ! mon oacle jamais ne voudra la signer.
M"« BELVAL
C'est ce que nous verrons; et , pourvu qu'il revienne, Je suis femme d'abord, et puis comédienne; * Il m'aime; je suis loin d'en vouloir abuser; Pour de bonnes raisons je ne puis l'épouser ; Il ne les connaît pas.
SAINVILLE
Il est vrai ; pas encore.
Mais il peut découvrir bientôt ce qu'il ignore.
M"»* BELVAL
Je me hâterai donc de travailler pour vous.
SAIHïVILLE.
Comment le ramener et vaincre son courroux T
M"* BELVAL
Il aime Te tbéâtre ? eh bien ! j'ai quelque envie De lui faire avec moi jouer la comédie , Sans qu'il s'en doute encor; j'aurai bien le talent D'arranger une scène...