ACTE III, SCÈNE VIL 34i
M. BE GOUVIGNAC.
- Ehf quoi?...
I M«* belyal:
Je suis Belval , ye suis comëdienne ; Je vous le dis encor; que rien ne vous retienne; Adieu. Séparons-nous.
M. DE GOUYIGI7AC.
Cel^ ne se peut plus.
Vous quitter? j'y ferais des efforts superflus. Je reste auprès de vous; j'y yeux passer ma vie.
Vp^ BELVAL.
Non; pour y consentir je suis trop votre amie. Ce consçil à donner me coûte , croyez-moi.
M. DE GOUVIGNAG*
Quelle sagesse en vous!... et quelle bonne foi! J'admire en vos discours le plus beau caractère , La raison , la vertu ; je vous aime et révère ; Je vous ai dit, hier, quel était mon dessein; J'y tiens plus que jamais.
M™« B]^LVAL.
Vous ! m'offrir votre main , Major ? pour mon état je connais votre haine...
M. DE GOUVIGKAC.
Eh ! mais. . . , en m'épousant vous quitteriez la scène !. . . Vous trouveriez , je pense , un dédommagement ...
M™« BELVAL
Moi , quitter mon état... et perdre mon talent ?
Quelque sort qu'on m'offrit /j'en serais bien fâchée ; Par goût et par honneur j'y suis trop attachée ; A force de travaux, quand on s'est fait un nom...
M. DE GOUYIGNAC.
Nous pourrions nous y prendre alors d'autre façon. Ce nom que vos talens , votre conduite honore , Vous le conserveriez pour l'illustrer encore : Soyons ensemble unis par un hymen secret , Et gardez votre état.
M"* BELVAL
Dans cç nouveau projet J'entrevois des motifs que vous savez me taire. Croyez-vous que je puisse approuver ce mystère.^ Accepter un époux qui rougirait de moi , Qui craindrait en public de m'engager sa foi ?. . . Tenez , il faut vous dire , en grande confidence , Un fait des plus secrets... Je sais votre prudence.
M. DE GOUYIG^ÂG.
Qu'est-ce donc?
M™« BELVAL
L'an dernier, quelqu'un s'est proposé Pour être mon époux; c'était un homme aisé, Ayant un nom , un rang : il insistait , de même , Pour me faire quitter le théâtre, que j'aime...
M. DE GOUVIGNAC.
Mais lui... vous plaisait-il ?
M«» BELVAL
J'en faisais un grand cas ;