ACTE m, SCÈNE Vil. SSg
Je yeax qaé voas lisiez jusqu'au fond de mon ame ; Vos projets de départ m'Ont causé du chagrin ; J'en ai versé des pleurs cette nuit, ce matin; J'avais tort; cette fuite , à mes vœux si contraire , t)evient à mon tepos désormais nécessaire ; Oui , partes , puisque ainsi Vous l'avez résolu ; '
C'est un malheur pour moi de vous avoir revu. Lorsqu'à fixe|: vos.weux je ne dois plus prétendre; Vous m'oublierez bientôt , et je m'y dois attendre ; Mais rien n'affaiblira pour vous... mon sentiment.
M. DE GOUVIQNÀC9 àpftrt.
Oh! cette femme-là m'aime réellement.
( Haut. )
Cette aimable franchise ajoute à tous vos charmes...
M™« BELVAL
Je crois qu'il s'attendrit ; c'est le moment des larmes.
Mon état vous révolte , et vous est odieux ,
Et l'avoir pris me rend bien coupable à vos yeux;
J'eus pour m'y décider un motif respectable ,
J'ose le dire... hélas! ici-bas rien n'est stable;
Nous sommes , malgré nous, malgré nos seatimens,
Jouets de la fortune et des événemens.
Ah ! j'ai beaucoup souffert; ce souvenir pénible
M'arrache encor des pleurs...
M. DE GOUVIGNAC.
O ciel ! est-il possible P . . .
34o LA COMEDIENNE;
Vous pleurez ?. . . Que n'étais*)e alors auprès de vous ! . . . Que n'ai-je pu du sort vous épargner les coups !.««
M™* BELYAL.
Vous ^ major, qui iFcnez , par une épreuve dure , De me blesser dans Tame et de me faire injure ? Vous ne me Toyez plus du même œil qu'autrefob ; A TOtre estime , au moins , j'aurai toujours des droits. . . Partez... soyez heureux... vous m'avez mal jugée.
M. DE GOUYIGKAC. ^
Ah! par mon repentir vous êtes trop vengée; C'est Terreur d'un moment; je veux la réparer; Par de tendres respects je veux vous honorer, Rendre dignes de vous mes vœux et mon hommage; Souffrez qu'à vos genoux...
M«« 3ELYAL.
Voilà votre langage !
Oui , vous voilà 9 major , et je vous reconnais. Levez- vous.
H. DE GOUYIGNAC. ,
Dites-moi d'abord que pour jamais Vous oubliez mes torts , vous m'accordez ma gr^ce.
Des torts?... n'en parlons plus ; ce retour les efiace.
M. DE GOUYIGNAC.
Je reconnais aussi madame de Courmon...
Mon amie. . .
. M™ BSLVAL.
Ah! laissez ; ce n'est plus là mon nom.