ACTE II, SCÈNE IL
Qu'un trésor s'est trouvé chez défunt notre pire , Il en réclamera sa moitié.
DURBÂlïT.
Bon! chimère!
Votre père? un trésor! lui que Ton sait fort bien N'avoir eu de ses jours Tesprit d'amasser rien ! Puis la loi Thésaurus j au Digeste, nous prouve Qu'un trésor appartient à celui qui le trouve. Vous craignez de vous voir riche aux dépens d'autrui ? Vos scrupules vous font un honneur infini ^ Rien ne me charme autant que la délicatesse; Pensez-vous que je donne un conseil qui la blesse? A son co-héritier pourquoi feraitH>n part D'un bien qu'on n'attend pas, et qui vient par hasard? C'est la succession seule que l'on partage.
JAQUINOT.
Il est vrai : le trésor n'est pas de l'héritage.
DURBANT.
Et ce trésor pourrait encor vous échapper ;
Nous croyons le tenir ; nous pouvons nous tromper.
Vous faites un contrat qu'on nomme aléatoire :
La chose est fort honnête , et vous pouvez m'en croire.
JAQUIlSiOT.
Oui; c'est honnête. Allons. Soyez donc diligent.
DURBANT.
C'est mon fort. . . Vous allez me compter quelque argent?
JAQUINOT.
Quoi ! de l'argent ?
BURBAKT.
Sans doute ; U est bien nécessaire. . é
JÀQVtNOt.
Voilà, mon chet Durbant, votre mot ordinaire. Vous demandez; toujours de l'argent, et déjà...
DURBAI7T.
C^est que Ton ne fait rien, mon ami, sans cela. Songez-y bien: ce n'est qu'en semant qu'on recueille; Croyez-vous que j'aie eu pour rien le portefeuille ? Et ce Bouffi, l'aurais-je au besoin fait parler. Si je n'avais eu soin de le bien régaler ?
Beaucoup de gens à jeun sont d'humeur intraitable , Dont on fait ce qu'on veut quand on les tient à table. Il est de ces gens-là. Je dois le voir encor Et lui payer...
Allons.
BURBANT.
Il s'agit d'un trésor.
Après tout. . . Mais on vient. . . N'entends-jepas Madame ?
JAQUINOT.
Oui. C'est elle qui rentre. Oh! ça, que pour ma femme Tout ceci, cher Durbant, soit toujours un secret.
DURBA19T.
Toujours.
JAQUINOT.
C'est que Dieu sait comme elle en userait!