‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 220 sur 253 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LE DIRECTEUR seul.

Au théâtre je yiens passer ma matinée ,

Et c'est pour m'y réfugier, Pour échapper à la foule acharnée

Dès souhaiteurs de bonne année.

Que c'est un cruel jour que le premier janvier ! C'est qu'il est ruineux!... en cadeaux , en étrennes j En bonbons dont il faut avoir les poches pleines j Cela ne finit pas!... On vous fait essuyer Un tas de coniplimens et de paroles vaines.

Tel vous serre la main, et vous jure amitié , Par qui l'instant d'après vous êtes oublié.

J'ai grand hesoin pourtant qu'à moi Ton s'intéresse ^ Qu'on prenne un- peu de part à mon fâcheux état; J'ai pris un lourd fardeau ; vraiment , je le confesse :

Directeur de théâtre !... oh ! quelle hardiesse ! Je connais le métier ; il est pénible , ingrat ! Ah ! que je voudrais être à la fin de décembre , Ou même à Tan prochain, en octobre ou novembre , Pour savoir quel sera le succès qui m'attend { S'il suffisait du zèle et dû travail constant!.. Le public à nos vœux daignera-t-il sourire?

Oui ; nous l'aurons pour nous : tout me le garantit.

Je suppose qu'il m'entendit; Voici ce que j'aurais , ce me semble , à lui dire : Protégez nos efforts ; vos biênveillans regards Font naître les talens , encouragent les arts; A nos succès , qui de vous vont dépendre ,

Vous-même êtes intéressés :

A vous bien divertir aous serons empressés ; Soyez-le , chaque jour , à venir nous entendre. Des Grandval, des Mole, des Préville, autrefois Le faubourg Saint-Germain connaissait bien la voix.

Tfaalie, aujourd'hui, recommence

En ces lieux un destin nouveau;^

Elle revient k son berceau ;

Protégez sa seconde enfance.

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