SCÈNE IL
L E D I R £ G T £ U ft , le Tojant cntrtf .
Allons, on ne peut pas être libre un instant. Quand je me fâcherais , c'est une chose faite.
D£RCOUR.
Mon ami , je vous la souhaite.
(II rembnsjc.)
On m'a bien dit chez vous que vous ëtiex sorti;
Mais je me suis doute que vous seriez ici ,
Et je vous trouve... Allons, encore une embrassade.
( Il l^erabnsse encore. )
L£ DIRECTEUR
Monsieur, assurément...
( A part. )
Quel contre -tems maussade!
BERCOUR.
. Eh bien! mon cher ami , comment nous portdns-nous?
LE DIRECTEUR
Eh bien ! mon cher ami , comment vous nommez-vous?
DERCOUR.
Vous ne remettez pas un ancien camarade ?,., Dercour ?
LE DIRECTEUR
C'est vous ? Eh ! oui , je me souviens , je croî. . . C'est de long-tems.
DERCOUR.
Depuis vingt ans , ma foi !
Kous ne nous sommes vus; mais , dans notre jeune âge, Nous étions bons amis. . .
LE BIRECtEUR.
Il est vrai.
DERCOUR.
Toas les deux , Nous aimions le théâtre... Oh! j'en avais la rage!... Devant des spectateurs complaisans , peu nombreux , En costume modeste , en fort mince équipage , Nous jouions le tragique en un troisième étage.
LE DIRECTEUR
Vraiment oui ! nous avions des talens merveilleux.
Nous n'étions pas mauvais.
LE DIRECTEUR
Dites-moi , je vous prie , N'ave&^vous pas depuis joué la comédie ?
DERCOUR.
Oui , c'est le parti que j'ai pris :
A cet art, que. j'aimais, j'ai consacré ma vie. Je n'ai jamais voulu débuter à Paris.
Ma réputation n'est pas moins établie.
J'ai couru la province , et même l'étranger ; Trois ans en Allemagne , et dix ans en Russie. Jfflais je suis de retour pour ne plus voyager; Car j'aime mon pays , et souvent je m'écrie : « Plus je vis l'étranger, plus j'aimai ma patrie. »
LE DIRECTEUR
Vous savez vos auteurs.