‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 221 sur 253 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

L E D I R £ G T £ U ft , le Tojant cntrtf .

Allons, on ne peut pas être libre un instant. Quand je me fâcherais , c'est une chose faite.

D£RCOUR.

Mon ami , je vous la souhaite.

(II rembnsjc.)

On m'a bien dit chez vous que vous ëtiex sorti;

Mais je me suis doute que vous seriez ici ,

Et je vous trouve... Allons, encore une embrassade.

( Il l^erabnsse encore. )

L£ DIRECTEUR

Monsieur, assurément...

( A part. )

Quel contre -tems maussade!

BERCOUR.

. Eh bien! mon cher ami , comment nous portdns-nous?

LE DIRECTEUR

Eh bien ! mon cher ami , comment vous nommez-vous?

DERCOUR.

Vous ne remettez pas un ancien camarade ?,., Dercour ?

LE DIRECTEUR

C'est vous ? Eh ! oui , je me souviens , je croî. . . C'est de long-tems.

DERCOUR.

Depuis vingt ans , ma foi !

Kous ne nous sommes vus; mais , dans notre jeune âge, Nous étions bons amis. . .

LE BIRECtEUR.

Il est vrai.

DERCOUR.

Toas les deux , Nous aimions le théâtre... Oh! j'en avais la rage!... Devant des spectateurs complaisans , peu nombreux , En costume modeste , en fort mince équipage , Nous jouions le tragique en un troisième étage.

LE DIRECTEUR

Vraiment oui ! nous avions des talens merveilleux.

Nous n'étions pas mauvais.

LE DIRECTEUR

Dites-moi , je vous prie , N'ave&^vous pas depuis joué la comédie ?

DERCOUR.

Oui , c'est le parti que j'ai pris :

A cet art, que. j'aimais, j'ai consacré ma vie. Je n'ai jamais voulu débuter à Paris.

Ma réputation n'est pas moins établie.

J'ai couru la province , et même l'étranger ; Trois ans en Allemagne , et dix ans en Russie. Jfflais je suis de retour pour ne plus voyager; Car j'aime mon pays , et souvent je m'écrie : « Plus je vis l'étranger, plus j'aimai ma patrie. »

LE DIRECTEUR

Vous savez vos auteurs.

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