SCÈNE IX
LA soubrette; Onî, je sais ce qae c^est. ,
SERGOUR.
Or , de quelle manière Doit tourner son projet ? qu'en peut-on augurer ? Doît-î! s'en repentir ? doit-il y prospérer P" Répondez là-dessus, madame la sorcière.
LA SOUBRETTE
Sayez-yous bien 9 Monsieur, ce queyous demandez? Les diables, qui me sont la plupart affidës, Me font yoir, chaque jour, Tayenir sans nuage. Je puis , sans me flatter , en termes clairs et nets , Annoncer une mort , promettre un héritage ^ D'un diyorce fâcheux déyoiler le présage ^ Deyiner les reyers , et préyoir les succès En fait de jeu, d'amour, et même de procès ;
Mais , des fortunes du théâtre Jamais , jamais d'ayance on ne peut rien sayoir. Le diable qui s'en mêle est un diable fort noir, Taciturne , jaloux, quinteux , opiniâtre :
En yain on l'interroge , et toujours sur ce point Il fait la sourde oreille , et ne yous répond point.
DERGOUR, «aDircctenr.
Elle a bien le babil d'une deyineresse.
LA SOUBRETTE
Mais, Monsieur, en définitif, M'arrêtez-yous , bu non ?
DERCOUR.
Nous verrons ; rien ne presse.
t SOUBRETTE.
Le refus n'a rien qui me blesse ,
Et j'en devine le motif.
Je comprends aisén^ent que Monsieur craint Madame; Je ne Fen blâme pas : il faut avoir la paix.
Je prends donc mon parti sans rien dire ; et je vais , Souhaitant à Monsieur plus de force dans Tame , Tâcher, pour me placer, de trouver aujourd'hui La maison d'un mari qui soit maître chez lui.
(Elle sort.)