I.E DIRECTEVa
Tu vois que des acteurs ne sont pas introuvables.
DERGOUR.
Oh ! le talent n'est pas commun.
LE DIRECTEUR
Mais on peut rëunir quelques sujets capables. Tu m'as parlé d'auteurs... Eh bien! j'en attends un A dîner aujourd'hui... Si tu veux, sois des nôtres, Et tu m'en diras ton avis.
BERCOUR.
Bon ! tu vas me lancer parmi les beaux esprits ? J'irai.
LE DIRECTEUR
Je t'en ferai connaître plusieurs autres , Qui sont aussi de mes amis.
DERCOUR.
A leur égard je vois le plan que tu veux suivre : A ton théâtre ainsi tu dois les attirer.
LE DIRECTEUR
Mon cher, les Muses nous font vivre ; C'est à nous de les honorer.
Mais quel genre allez-¥ons adopter , je te prie ? Car on a fait courir des bruits,..
Vous jouerez, a-t-on dit^ opëra, tragédie.
Et mélodrame, et parodie , Vaudeville. . .
LE DIRECTEUR
Quelle folie !
Ces gens-là sont bien mal instruits.
Nous comptons nous borner , et c'est assez , sans doute ,
Au bon genre , au comique vrai , Qui satisfait Tesprit , et que la raison goûte : Nous allons commencer par en faire un essai.
Quand nous entrons dans la carrière ,
Nous arborons pour étendard
Le nom du grand maître de Fart,
Et notre mot d^ordre est : Mol&re.
Il pare notre afiiche; et nous jouons , ce soir, Le Dépit amoureux. Il faut venir le voir.
BERCOUR.
Je n^y manquerai pas. Tu t'y prends de manière!... On te connaît du zèle et de l'activité...
LE DIRECTEUR
Ici chacun est plein de bonne volonté.
DERCOUR.
Tu pourras réussir; je commence à le croire.
Vraiment! c'est remporter une grande victoire, Que de te faire ainsi changer d'avis !
DERCOUR.
Mais qu'est-ce que j'entends P