SCÈNE IV
M" JAQUINOT, HOMBERT on Uvre à la main.
HOHBERT, à part. •
Sachons soutenir notre gloire.
Mon Homère sera pour elle un vrai grimoire.
Lisons tout haut :
Bi d*ake6n para thina poluphloYsboïo thalassés. *
M™« JAQUINOT, àpârt.
Ah! Dieu ! quels termes sont-ce là?
Ne nous effrayons pas cependant pour cela; Abordons-le. . . Monsieur ! . . . Peut-on , sans vous distraire ?. . .
HOM B£ ftT , feignant de ne pas la Toir.
La planète doit fuir sa'planète contraire...
Mais Tinfluence encor conservant sa vertu...
( Il fait ••mblant de l'apercevoir. )
Ah ! madame , c'est vous ! M'avez-vous entepdu ?
M™« JAQUINOT.
Quelques mots , il est vrai , que je n'ai pu comprendre. On m'assure, Monsieur, que vous voudrez me rendre Un service...
* Ce vers d'Homère signifie littëralement : <i II marchait en siJLence au bord de la mer mugissante. » ,
HOMBERT
Qui ? Moi ! J^y suis tout dispose , Si je le puis.
Cela vous sera très-aisë. Je viens vous consulter ; la chose est importante.
HOMBERT
Puissë-je y réussir au gré de votre attente !
M*»* JAQUINOT*
Vous le pouvez tris-fort. Grâce à votre savoir...
HOMBEBT.
Mon savoir ?
M«« JAQUINOT.
Plus que vous on ne peut en avoir.
Vous êtes fort connu.
HOMBERT
Je ne croyais pas l'être.
M"« JAQUINOT.
Un vrai savant jamais ne cherche à le paradtre. Et moi , depuis long-tems , qui vous vois tous.les jours , D'après votre maintien , votre ton , yos discours, Je ne vous avais pris que pour un homme aimable ; Mais vous êtes encore un savant admirable.
Je sais ce qu'on m'a dit. Vos travaux assidus Vous ont fait retrouver bien des secrets perdus, Pour rendre le sommeil , guérir les maladies , Arrêter les torrens , les vents , les incendies , Connaître le passé , prédire l'avenir...