ACTE II, SCÈNE VI. Sg
M"* JAQUINOT.
A Yitry ?.... nous pourrons , une fois chaque année, Dans la belle saison, y faire une tournée.
Mais je yeux désormais me fixer i Paris.
CÉLESTE
Vous avez bien raison : c'est un charmant pays , Quand on est riche.
M™ JAQUITïOT.
On peut être propriétaire , Aux portes de Vitry, de quelque belle terre.
Là, dans notre château , chacun viendra nous voir; Mais nous choisirons , nous , les gens à recevoir. Comme du sous-préfet j'humilierai la femme!
Mais elle est votre amie.
M™ JAQUIIïOT.
Elle fait trop la dame.
CÉLESTE
Je me promets aussi d'humilier quelqu'un Dont le petit orgueil n'a pas le sens commun.
M™« JAQUINOT.
Qui donc , ma chère ?
CÉLESTE
Eh! c'est la sablime Cécile.
M"* JAQUINOT.
Celle que mon beau-frère appelle sa pupille ?
6o LE TRÉSOR.
CELESTE
Mademoiselle fait le petit bel esprit; Elle parle fort peu , yous écoute , sourit , Répond très-rarement, encor d'une manière!
Sa 'pauvreté ne fait que la rendre plus fière. Elle se croit jolie aussi!.... Je m'aperçoi Même que la pupille est jalouse de moi.
M«« JAQUINGT.
Comment ? jalouse ?
CELESTE
Adolphe , en galant militaire , Me fait un peu la cour ; moi , si j'ai su lui plaire , C'est bien sans le vouloir ; on ne peut empêcher Un cousin de vous voir , même de vous chercher; Mais elle lui ferait volontiers des avances.
M™* JAQUINOT.
Fi donc !
CÉLESTE
Pour renverser toutes ses espérances , Il faudrait avant peu... Vous avez le dessein De m'établir , je crois ? '
M"* JAQUINOT.
Oui : mais votre cousin Ne peut vous convenir ; Adolphe est sans fortune.
CELESTE
A présent ; mais uta jour il pourra s'en faire une. Puisque me voilà riche , et que je puis choisir...