‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 33 sur 253 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

Toujours l'ouvrage en main !... Pas un moment perdu. Mais je vous plains, au moins. Ce travail assidu Doit bien vous ennuyer.

CECILE

Jamais je ne m'ennuie.

CÉLESTE

Avouez que souvent vous me portez envie , Que vous voudriez bien être à ma place ?

CÉCILE

Moi ? Point du tout. Et pourquoi le voudrais-je !

CÉLESTE

Ah ! pourquoi ?

Pour rien. Non, ce n^est rien qu'une fortune immense.

CÉCILE

J'en serais peu touchée.

CÉLESTE, àpart.

Ah ! que d'impertinence !

( Hant. )

Votre sort , après tout , vaut peut-être le mien.

CÉCILE

Peut-être.

CÉLESTE

Assurément. Car à quoi sert le bien ?

La fortune souvent fait qu'on nous sacrifie.

(A part.)

Il faut absolument que je la mortifie.

Ecoutez ; vous avez de la discrétion ,

Et puis j^ose compter sur votre affection; II faut que je vous dise un grand secret , ma chère ; Vous n^en parlerez pas , au moins ; c^est un mystère. J'ai dans le fond du cœur une inclins^tion...

CECILE

Oui!

Qui même bientôt deviendra passion , Pour peu que mes parens à mes désirs s'opposent ; La fortune est le but qu'en tout ils se proposent ; Mon amant n'est pas riche.

CÉCILE

Il n'est pas riche ?

CÉLESTE

Non.

Vous le connaissez bien ; vous dirai-je son nom ? C'est mon cousin Adolphe .

CÉCILE

Adolphe ?

CÉLESTE

Eh! oui; lui-même.

CÉCILE, kpart.

Ciel !

CÉLESTE

N'est-ce pas qu'il est bien aimable !

CÉCILE

Il vous aime , Apparemment ?

Page 1