ACTE II, SCÈNE IX
ADOLPHE
Hëlas! j*ignore encore à quoi je puis prëtendr^! Quand j'oserais psffler, daignerait-on m'entendre ?
CÉLESTE
Eh! mais, assurément; mon cher cousin, croyez Que l'on vous entend, même avant que vous parliez.
ADOLPHE
Ma cousine, je crois que vous êtes trop bonae.
CÉLESTE
Dites-ninis donc un peu le nom de ia personne ?
ADOLPHE
Cela ne se peut pas.
CÉLESTE
Fort bien. Il est discret , Mon cousin.
ADOLPHE
Mais je puis vous faire son portrait»
CÉLESTE
Oui , faites-le ; voyons. *
ADOLPHE
Elle seule , peut-être , En m^écoutant;, pourrait ne pas se reconnaître. Car elle est si modeste!
Oh ! oui , sans vanité , La modestie est ma... sa grande qiudité.
ADOLPHE
Sa modestie!... Ah! oui, je Tadinire, sans doute; Et vous ne dites rien, yous;^ Cëdle?
CÉCILE
J'écoute.
ADOLPHE, à demi toîs, k Oeile.
Ecoutez , entendez ; c'est tout ce que je yeux.
CÉLESTE
Allons ; dëpeignez-nous cet objet de yos yœux*
ADOLPHE
D'abord, ielle est jolie ; elle est douce , sincère; la richesse n'a point gâté son caractère.
CÉLESTE, àpârt.
C'est bien moi.
ADOLPHE
De ses goûts j'aime la pureté , Sa raison , sa candeur, sa sensibilité ; Sous un air simple, elle est quelquefois assez fine...
CÉLESTE, àC<eile.
L'entendez-yous ?
CÉCILE, sonriftnt.
Peut-être. Et yous.^*
CÉLESTE
Oui , je deyine.
Le portrait est flatté , je suis de bonne foi.
ADaLPHE.
Flatté! Que dites-yous.^ Il s'en faut, croyez-moi. Ah! si d'après mon cœur j'osais ici la peindre!