SCÈNE IV
JAQUINOT, DURBANT, DUPRÉ.
DUPAE , en montrant Jaquinot.
Monsieur veut donc rester?
DI7RBA19T.
Laissons là le mystère.
DUPRÉ
Pourquoi ?
DURBANT.
De la maison, c'est le propriétaire.
DUPRÉ
C'est monsieur Jaquinot? Serviteur.
DURBAl^T.
Je ne sui Que son agent; ainsi vous pouvez devant lui....
( A Jaquinot. )
Vous voyez que j'agis sans le moindre artifice. Je ne vous cache rien ; rendez-moi donc justice. y os soupçons mal fondés —
iFAQUINOT.
Allons, je n'en ai plus; Et, Tous-méme, oubliez ceux que vous avez eusi.
Monsieur peut s'expliquer sans crainte et sans scrupule.
DUPRÉ
( Il passe entre Jaqninot et Durbant. )
Puisqu'il n'est plus besoin qu'ici je dissimule , On vous a dit, je crois, qui je suis ? '
Oui, Monsieur.
DUPRÉ
J'ai ressenti les coups du tems et du malheur. Vous restiez en province autrefois ; mais je pense Que le nom de Bouffi courait toute la France ; Bouffi , le confident de mylord Kilbourden ; J'étais de sa cuisine et Tame et le soutien.
Là , mes talens trouvaient une vaste matière. Quand on a de son art agrandi la carrière , On peut, je crois, prétendre à de justes égards; Et de quel art encor ? du plus beau des beaux arts.
JAQtriNOT.
Je suis persuadé de votre savoir faire.
DUPRE.
Parlez de moi partout où Ton fait bonne cbère ; Interrogez un peu Yéry, Léda, Brigaut, Ce que c'est que Bouffi, ce qu'il sait, ce qu'il vaut; Ils sont tous mes enfans , et je les ai vus naitre ; Tous , les larmes aux yeux , vous diront : C 'est mon maître ; Ils prennent mes avis encore à chaque instant , Et je suis , aujourd'hui , cuisinier consultant.