ACTE I, SCÈNE V
CONSTÂI^GE.
^ O ciel ! quelle imprudence !
Vous venez me chercherf Allez-vous-en.
Constance î D^un moment de bonheur voulez-vous me priver?
CONSTAlïCE.
Mon père vous attend ; allez le retrouver.
LINANT
Non, vous dis-je; et je puis...
Ah ! je suis au supplice l D^un coupable détour vous me rendez complice ; Si Ton savait qu'ici vous êtes déguisé , yous couvrant d'un faux nom , d'un état supposé!...
LINANT
On ne le saura pas , si vous voulez le taire.
Moi, qui pour mes parens n'eus jamais de mystère?
LINANT
Allons , grondez-moi bien; vous m'aimiez autrefois; Je ne vous causais pas le trouble où je vous vois; Quand je vous rencontrais à Metz , chez votre tante , Vous n'aviez point d'effroi ; vous paraissiez contente ; Mais vous êtes changée, et je ne le suis pas. Vous aimez Charte.
lyo LE VIEUX FAT.
C0I9STAKCE.
Moi? le croyez-vous?
Hélas !
LINAII^.
Que saîs-je ?
Deviez-vous employer cette ruse?
LINANT
Mais je n'ai pu vous dire encor, pour mon excuse^ A ce déguisement quels motifs m^ont conduit.
Depuis huit jours quMci je me suis introduit^ Je ne puis ni vous voir ni vous parler qu'à peine.'
Je tremble à tout moment que Ton ne nous surprenne.
LINANT
J'ai fait agir d'abord près de monsieur Rollin Un ami qui , pour moi , demanda votre main ; Ses propositions ne furent point reçues; On me trouvait trop jeune ; on avait d'autres vues; .Yotre père , en un mot , refusa de me voir.
Je ne pus me résoudre à perdre tout espoir ; Je sus qu'il s'occupait de jardins, d'édifices; J'entrepris de lui faire accepter mes services , Mais sans qu'il me connût; je trouvai le moyen D'être, sous un faux nom , recommandé très*bien, En qualité d'artiste et d'habile architecte ; Mon arrivée ici ne lui fut point suspecte;- Lui plaire, le servir, est l'objet de mes soins;