SCÈNE VIII
HUBERT, CONSTANCE, sous le nom d'ADÈLE.
CONSTANCE, SOUS LE NOM d'aDÈLE.
Dois-je croire qu'ici les cieux moins inhumains Vont remettre , par vous , mon enfant dans mes mains? Ciel ! avec quel plaisir ses yeux verront sa mère! Vous soupirez !
HUBERT
Madame...
CONSTANCE, SOUS LE NOM d'aDÉLE.
Ah ! parlez; quel mystère...
HUBERT
Je ne puis.
CONSTANCE, SOUS LE NOM d'aDÉLE.
Je le veux.
HUBERT
Vous mourriez dans mes bras.
CONSTANCE, SOUS LE NOM d'aDÉLE.
Dans mon cœur, par ce mot, vous portez le trépas.
HUBERT
Non.
Dites tout, Hubert; et s'il faut que j'expire...
HUBERT
Votre fils...
lo.
i48 JEAN SANS-TERRE.
CONSTANCE, SOUS LK NOM d'aDÈLE.
Achevez. Il n'est plus!
HUBERT
Il respire.
Mais, hélas! dans ses yeux, ô crime! affreux séjour! Un fer rouge et hrûlant vient d'éteindre le jour.
CONSTANCE, SOUS LE NOM d'aDÉLE.
Je me meurs ! . . . O mon fils! . . . Quel monstre ! Je succombe ! Arthur! mon cher Arthur! mon enfant!
HUBERT
Ah ! la tombe Va s'ouvrir pour tous deux.
CONSTANCE, SOUS LE NOM d'aDÈLE.
Le ciel me vengera.
J'armerai l'Angleterre, et Londres m'entendra. Frémis, tyran, frémis! On verra mes misères. Mon enfant dans les bras, j'appellerai les mères. Je me meurs , je me meurs... i) jour ! fuis de mes yeux, Puisque mon cher Arthur ne peut plus voir les cieux!
HUBERT
Madame , ah ! dans mon sein laissez couler vos larmes !
Hubert , est-il bien vrai ? Quoi ! ses yeux pleins de charmes, Ses yeux , d'un fer barbare ont senti la rigueur ! Ce fer, ce fer brûlant est entré dans mon cœur!
HUBERT
Madame, au nom d'un fils, au nom de la nature, Par ce ciel qui bientôt ^ a venger votre injure,