SCÈNE X
CONSTANCE, sous le nom d ADÈLE, HUBERT, ARTHUR.
A R T H u R , coTiduit par Hiiheit.
Cher Hubert, guidez-moi. Quand il luit sur la terre, Hélas ! du jour on vain je cherche la lumière. Demain, à son retour, je ne la verrai pas. Que ne m'ont-ils plutôt fait souffrir le trépas ! Mais dites, cher Hubert (au moins je le désire), Est-ce vous dont la main doit ici me conduire? M'aimerez-vous toujours? Je ne puis vous quitter.
HUBERT
Cher prince !
CONSTANCE, SOUS LE NOM d'aDÈLE.
Ociel!
Hubert, qui peut nous écouter?
Oui , Ton a dit , « O ciel ! » et je viens de l'entendre. Quelle est donc cette voix et si douce et si tendre?
HUBERT
C'est la VOIX d'une femme.
ARTHUR
Ah ! je m'en suis douté.
J'en ai connu d'abord la sensibilité.
Elle souffre , peut-être.
i52 JEAN SANS-TERRE.
HUBERT
Oui. C'est une étrangère, Qui gémit comme vous, comme vous prisonnière.
ARTHUR
Je la plains. Quel sujet Faméne parmi nous?
HUBERT
Le roi, pour vous servir, Fattache auprès de vous.
ARTHUR
Vous me quitterez donc?
HUBERT
Ma tendresse assidue Reviendra chaque jour jouir de votre vue.
ARTHUR
Vous le promettez?
Oui.
ARTHUR
Madame , paidonnez ; Je dois aimer Hubert. Mais où suis-je? ah! daignez Me prêter votre main , elle me sera chère.
[e7i la prenant.) Je crois, en la touchant, m'appuyer sur ma mère.
CONSTANCE, SOUS LE NOM d'aDÈLE.
De vous avec plaisir, prince, je prendrai soin.
ARTHUR
Vous le voyez, madame, hélas! j'en ai besoin.
CONSTANCE, SOUS LE NOM d'aDÈLE.
Que pour vous de pitié mon cœur se sent atteindre!