‹ OEuvresChapitre 105 sur 299 · ACTE III, SCÈNE X. i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE X. i

ARTHUR

Si j'étais votre fils , vous seriez trop à plaindre.

CONSTANCE, SOUS LE NOM d'adÈLE.

Si le ciel vous daignait rendre une mère?

ARTHUR

Oh ! non , Je ne la verrais plus.

CONSTANCE, SOUS LE NOM d'aDÉLE.

Ah ! dans votre abandon , Je la remplacerai par le plus tendre zèle.

Vous êtes mère aussi , vous me tiendrez lieu d'elle.

CONSTANCE, SOUS LE NOM d' ADÈLE.

Ah! je la suis déjà. Cher prince, à vos malheurs Je donnerai mes jours , mes nuits , mon sang , mes pleurs. Dieu! que je suis pour vous loin d'être une étrangère! Arthur! mon cher Arthur!

ARTHUR

C'est la voix de ma mère.

J'ai cru, dans cet instant, l'entendre me nommer.

HURERT.

Prince , que dites-vousj?

ARTHUR

Mon cœur se sent charmer.

Madame... est-il bien vrai?... Je doute si je veille. Ah! ce nom retentit encore à mon oreille. « Arthur! mon cher Arthur! » Elle parlait ainsi. Oui, je cherche ma mère, et ma mère est ici.

i54 JEAN SANS-TERRE.

HUBERT

Non, prince, croyez-ïnoi.

ARTHUR

C'est mbi que j'en veux croire.

HUBERT

Vous avez de sa voix du perdre la mémoire.

ARTHUR

Mais, madame, pourquoi ne répondez-vous pas?

Si j'étais votre mère, hé! le tairais-je?... Hélas!

ARTHUR

Vous l'êtes.

CONSTANCE, SOUS LE NOM d'aDÈLE.

Non.

ARTHUR

Je doute... O supplice! ô mystère!

Cieux! rendez-moi le jour pour connaître ma mère.

CONSTANCE, SOUS LE NOM DADÈLE

Ëh bien ! oui , c'est mon nom ; ce seul bien m'est resté. C'est ce flanc malheureux , ce sein qui t'a porté. Je goûte enfin, mon fils, oubliant toute injure, Le plaisir le plus doux qu'on doive à la nature.

ARTHUR

Ma mère !

CONSTANCE, SOUS LE NOM d'aDÉLE.

O mon Arthur! je peux donc te nommer!

ARTHUR

Votre Arthur, sans vous voir, peut encor vous aimer.

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